Annales des Mines (1907, série 10, volume 12) [Image 223]

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LA CATASTROPHE DE COURRIERES

LA CATASTROPHE DE COURRIERES 2

analyses, à 57 p. 1Û0 de la quantité de CO formé. Il v a eu réduction, par les particules incandescentes de charbon en suspension, du CO 2 formé tout d'abord par la combustion. L'inflammation de poussières, en espace limité et avec insuffisance d'oxygène, produit donc des gaz inflammables de deux manières différentes : par la distillation instantanée et partielle des poussières, que les croûtes de coke mettent en évidence, et par une combustion incomplète.

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l'étude des inflammations de poussières, en signalant l'influence que peuvent avoir sur leur propagation la section et la nature des revêtements des galeries, la teneur en cendres et l'humidité des poussières du sol, et les arrivées d'air frais.

IX. CONCLUSIONS.

Toutes les indications données par les fosses sinistrées sur l'action des poussières ne pourraient isolément démontrer que l'explosion de Courrières est due à leur inflammation progressive ; mais elles constituent un ensemble de faits qui tous font pressentir une action tout à fait prépondérante des poussières charbonneuses. Elles rendent plus acceptable et plus convaincante cette idée que la catastrophe de Courrières est due à un coup de poussières, idée que, d'autre part, l'absence de toute autre cause capable d'expliquer la catastrophe dans toute son étendue semble rendre nécessaire. Aussi le Conseil général des Mines a-til conclu formellement que, « s'il n'a pas été possible d'établir la cause exacte de l'inflammation initiale qui a déterminé la catastrophe du 10 mars 1906, il ne peut être contesté que son extension paraît due à la propagation, par suite de circonstances diverses, de l'inflammation des poussières dans toute l'étendue du champ d'exploitation des fosses n" 2, n° 3 et n° 4-11, sur une longueur de 3 kilomètres environ et une largeur égale, par places, à 1.50O mètres (*) ». Il est certain aussi que les particularités de la marche de l'explosion doivent fournir des indications utiles pour (*) Annexe B.

La conclusion la plus saillante à tirer de la catastrophe de Courrières est que « les mines de charbon non grisouteuses peuvent, du fait des poussières, être exposées, dans des circonstances qu'il est d'ailleurs actuellement impossible de préciser, aux mêmes dangers que les mines à grisou (*) ». Cette constatation dicte tout un programme de mesures à prendre et d'études à faire, exposé dans l'avis du Conseil général des Mines. Sur plusieurs points, des solutions sont déjà intervenues, du moins pour le bassin du Pas-de-Calais. C'est ainsi que l'arrêté préfectoral du 18 septembre 1906 a interdit l'emploi des lampes à feu nu, a ordonné la suppression des goyots et l'emploi exclusif des explosifs de sûreté, avec allumage par boute-feux spéciaux, comme dans les mines à grisou. L'arrêté ministériel du 15 avril 1907 a prescrit l'emploi des appareils respiratoires dans toutes les mines de combustible. Restent à l'étude les. questions relatives, d'une pari, à l'aménagement général des travaux, aux communications et séparations à établir entre fosses, à la division des courants d'air par groupes de chantiers, à la suppres(*) Annexe B.