Annales des Mines (1907, série 10, volume 12) [Image 89]

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COMMISSION DU

GRISOU

sécurité très grande dans le grisou et qu'il peut être employé, même sous de grandes longueurs, dans le mélange grisouteux lui-même. B. Cordeau détonant et explosif. — On examinera successivement les deux cas limites qui encadrent tous les cas possibles de la pratique, à savoir : 1° absence totale de réactions secondaires entre les produits du cordeau et ceux de l'explosif; 2° combustion totale des produits du cordeau dans l'excès d'oxygène de l'explosif. PREMIER CAS. — Absence de réactions secondaires. — L'effet du nouvel amorçage se borne alors à introduire dans la masse gazeuse provenant de la détonation de l'explosif une quantité supplémentaire de gaz, sensiblement à la même température que les premiers (environ 1.500°), comme on l'a vu précédemment. Avec les diamètres usuels des cartouches de mine, on peut compter, dans l'amorçage par cordeau de 6 millimètres, environ : 2 parties, en poids, de trinitrotoluène et [0 parties, en poids, de plomb pour 100 parties, en poids, de la charge explosible.

Dans la détonation, le plomb de l'enveloppe reste à basse température, et le supplément de gaz chauds se réduit par suite à 2 p. 100 du poids de la charge. La conséquence serait une diminution de 2 p. 100 dans le poids de la charge limite d'explosif. Cette diminution est tout à fait négligeable. DEUXIÈME CAS. — Combustion totale des produits du cordeau dans l'explosif. — Tout se passe, dans ce cas, comme si on avait incorporé dans les composants de l'explosif 2 p. 100 de trinitrotoluène et 10 p. 100 de plomb. On peut calculer théoriquement l'augmentation de température résultant de cette modification de dosage.

NOUVEAU DISPOSITIF D'AMORÇAGE DES EXPLOSIFS

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Le calcul montre qu'une addition de 1 p. 100 de trinitronaphtaline à la grisounite-couche Favier (à 4,5 p. 100 de trinitronaphtaline) augmente sa température de détonation d'un peu moins de 100°. Avec le trinitrotoluène, moins riche en carbone que la trinitronaphtaline, l'augmentation de température sera un peu moindre. Sans faire un calcul rigoureusement exact, on peut donc estimer à 150° en nombre rond l'accroissement de température résultant de l'incorporation de 2 p. 100 de trinitrotoluène dans la grisounite Favier. L'addition de 10 p. 100 de plomb donne une augmentation de température sensiblement égale à la précédente dans l'hypothèse de la transformation complète de Pb en PbO 2 , qui est l'oxyde de plomb dégageant le plus de chaleur (évaluation faite en prenant 63% 4 comme chaleur de formation de PbO'2 et 0,10 comme chaleur spécifique de cet oxyde). On arrive donc, en définitive, à une augmentation de température de 300° environ, qui transformerait les explosifs pour travail en couche en explosifs pour travail dans le rocher. Suivant qu'on envisage l'un ou l'autre des deux cas limites étudiés, on voit que les conclusions sont très différentes. Au point de vue de l'emploi de l'amorçage par cordeau détonant dans le grisou, il est donc capital de savoir si, dans la pratique, on se rapproche du premier cas limite ou du deuxième, autrement dit d'établir si la combustion du cordeau se trouve, ou non, réalisée dans les conditions d'emploi. Pour élucider cette question, on a eu recours à des essais de détonation en trous de mine forés dans un terrain argileux. La détonation, dans ces conditions expérimentales, détermine la formation d'un globe de compression dont les parois font en quelque sorte l'effet d'un filtre, laissant passer les gaz résultant de la détonation, mais Tome XII, 1907.

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