Annales des Mines (1907, série 10, volume 11) [Image 314]

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NOTE SDR LE MINERAI DE FER SILURIEN

dages d'Estrées-la-Campagne l'ont traversée vers 30 mètres de profondeur ; les fouilles exécutées dans la concession de Perrières l'ont rencontrée au passage du Laizon, puis à l'extrémité Est du synclinal et sur son bord Sud. A la Brèche-au-Diable, passage étroit que se fraye le Laizon à travers la muraille de grès, les galeries de Soumont se sont enfoncées dans la couche sur les deux rives du ruisseau. Sur le plateau, à l'Ouest, une fouille à Aisy, dans la concession de Soumont, et le puits d'exploitation de la mine de Barbery l'ont retrouvée sous le Jurassique. Enfin, sur les deux rives de la Laize, deux galeries d'allongement l'ont suivie. Tous ces travaux ont donné des résultats concordants : la couche se trouve dans les schistes à Calymènés, à 40 ou 45 mètres au-dessus du grès armoricain; la puissance minéralisée est de 5 à 6 mètres ; mais la teneur en fer et la nature du minerai sont très irrégulières. Les parties hématisées se trouvent au mur de la couche ; leur puissance dépasse rarement 2 mètres ; elle se tient généralement aux environs de l m ,50. L'hématite ne se rencontre pas d'ailleurs de façon bien suivie ; souvent elle disparaît pour faire place au grès ou à l'argile. On ne l'a trouvée que sur la tête de la couche, au-dessous du recouvrement jurassique ; 20 mètres plus bas, elle semble remplacée partout par du carbonate. En plusieurs points, le carbonate monte même jusqu'au Jurassique. On a donc là une cuvette de carbonate dont les bords sont irrégulièrement hématisés et présentent une hématite généralement un peu terreuse. Le pendage de la couche sur les deux bords est, en moyenne, de 50°. Une campagne de sondages est en cours, au Nord des concessions du bord Sud, pour déterminer si elle s'aplatit en profondeur.

DE BASSE-NORMANDIE

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Synclinal de Falaise, Saint-Rémy et Jurques (Pl. XVI et XVII). — Ce troisième synclinal forme un ensemble plus complexe que les deux premiers. D'abord ce n'est pas un pli simple en forme de V, il est double, en forme de W à angles adoucis ; puis les arêtes des deux synclinaux et de l'anticlinal élémentaires qui le composent ne sont pas horizontales, mais plongent vers l'Ouest ou vers l'Est; enfin, à l'Ouest, en sortant du Calvados, les deux synclinaux élémentaires bifurquent et s'infléchissent sur la direction Est-Ouest. Il faut signaler aussi que les couches ne sont pas très constantes d'aspect en direction : les schistes à Calymènés ne sont plus reconnaissables par endroits, et on ne trouve pas partout la couche de minerai à la place où l'on pourrait s'attendre à la rencontrer. Des oscillations des arêtes des synclinaux et du jeu de nombreuses failles longitudinales et transversales, il est résulté pour les couches siluriennes un sectionnement du bassin en îlots isolés. A Falaise même, à l'Est, se trouve le premier de ces îlots, de forme irrégulière, dont la pointe terminale est en trois langues. Il y a là, audessus du grès armoricain, une couche rougeâtre, représentant le minerai de fer, trop pauvre pour être exploitée. Un bombement des arêtes synclinales fait reparaître, à l'Ouest de cet îlot, les phyllades précambriens; la continuité de la formation cambrienne n'est attestée que par une bande de poudingue qui subsiste seule au bord Sud et relie l'îlot de Falaise à celui beaucoup plus étendu de larégion bocaine. On n'y retrouve les couches siluriennes que par petites cuvettes isolées. La première est celle de Saint-Rémy (Pl. XVII) ; elle plonge vers l'Ouest. Une faille la limite de ce côté. Sacoupe transversale Nord-Sud, déterminée par les travaux des mines de Saint-Rémy, est bien en W comme la coupe générale du pli {fig .2). La couche de minerai de fer se trouve au contact des grès