Annales des Mines (1906, série 10, volume 9) [Image 24]

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OBSERVATIONS

GEOLOGIQUES

côtés, dans le village du Mont-Dore, il existe des suintements thermaux. La minéralisation des eaux du Mont-Dore est peu élevée ; elle ne comprend guère en quantité sensible qu'un peu de chlorure de sodium (0gr ,37), de carbonates alcalins et d'acide carbonique libre (0,70 ou 360°"), facilement explicables par la présence des roches éruptives récentes, qui .renferment toujours des traces sensibles de chlorure et s'accompagnent de gaz acide carbonique. L'analyse complète donne en moyenne : 0& r ,37 0' r ,41 0 S ':,08 OS ',22 0s r ,t2 r 06 ,06

Chlorure de sodium Carbonate de soude Carbonate de potasse . . . Carbonate de chaux.... Carbonate de magnésie. Sulfate de soude. ...... Borates, iodures, phosphates, arséniates et sels de lithine

traces

Résidu fixe par litres. . .

ls r ,47

Quand on cherche à s'expliquer l'origine de ces eaux par la géologie de la région, on voit qu'elles doivent être en rapport avec une cassure N. 110° E. transversale à la vallée et marquée, des deux côtés de cette vallée, par des pointements d'une roche qu'on a appelée d'abord un phonolithe, puis une labradorite. C'est très manifestement des fissures de cette roche que sort l'eau thermale au Mont-Dore. Vers l'Ouest, sur la traversée de la vallée, qui a près de 1 kilomètre de large, les griffons, qui pourraient exister, sont, soit refoulés par l'épais manteau des alluvions, soit perdus dans ces alluvions. Enfin, sur la rive gauche, le dyke phonolithique reparaît près de la route qui gravit le plateau, à une cote trop élevée pour pouvoir déterminer une émergence thermale. On est donc porté à voir dans ces eaux des infiltra-

SUR QUELQUES SOURCES THERMALES

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{ions provenant sans doute du massif du Sancy, vers le Sud, et descendues à une profondeur, qui, en raison du caractère éruptif de la contrée et de son degré géothermique réduit, n'a pas eu besoin d'être bien forte. Ces eaux remonteraient le long du dyke éruptif formant coupure dans la vallée. Ces sources sont, d'ailleurs, très loin d'être les seules du massif. Il en existe un grand nombre d'autres, qui aident à jalonner un certain nombre de cassures, parfois peu visibles au milieu des massifs éruptifs et dont l'âge paraît être très récent (postpliocène à la Bourboule). Les principales d'entre elles sont en relation avec la grande faille de la Bourboule, qui, ainsi que l'a montré M. Michel Lévy, se coude après la Bourboule, suit toute la vallée E.-W. de la Dore à peu près jusqu'à la Scierie de la cascade du Queureuilh et, laissant la vallée du Mont-Dore (qui n'est pas, comme on aurait pu le croire d'abord, une vallée de faille), enfile la petite vallée latérale de la cascade du Saut-du-Loup pour aller rejoindre un dyke phonolithique au Sud du Puy de l'Angle, puis reprend sa direction E.-W. vers Chambon et Murols. Sur divers points de sa longueur, cette faille paraît jalonnée par des dykes de phonolithe; elle est, dans toute sa partie basse entre la Bourboule et la Scierie du Queureuilh, manifestée par des sources thermales : source de la Bourboule (*), source Clémence, source Félix, source Croizat, source pétrifiante, suintements des environs de la Scierie. La faille, qui est située sur la rive gauche de la vallée {fig. 10), donne naissance à des sources dispersées dans les éboulis qui couvrent le flanc gauche (notamment à la source (*) Il est inutile de reproduire ici ce que j'ai dit ailleurs sur la Bourboule (Sources thermominérales, p. 58, 256 et 537 et fig. 6). — Voir MICHEL LÉVY , carte au 1 : 50.000* du Mont-Dore encore inédite, et note sur la chaîne des Pays(Bull. Soc. Géol., 189L).