Annales des Mines (1901, série 9, volume 20) [Image 184]

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ÉTDDE GÉOLOGIQUE ET MINIÈRE

houille cendreuse de plusieurs mètres d'épaisseur, mais verticale et très bouleversée. Elle parait avoir été l'objet de quelques tentatives d'exploitation. Elle s'enfonce sous le bassin lacustre d' A-Mi-Tcheou, situé à 1.150 mètres d'altitude et d'un aspect analogue à celui de Mong-Tze. Ce bassin est bordé à l'Est par une série de collines bariolées où les îlots calcaires n'apparaissent qu'assez rarement sur les sommets les plus élevés. Les couches qui forment ces collines doivent être rapportées à l'étage triasique supérieur, les calcaires qui les surmontent étant l'équivalent du massif liasique, dolomitique et fossilifère de Iao-Pou. La houille abonde sur le marché d' A-Mi-Tcheou. On l'y amène en blocs parallélipipèdes assez solides pour être liés sur les bâts. Deux blocs d'environ 35 kilogrammes forment ainsi une charge de cheval. Le prix de vente varie d'environ 7 francs à 10 francs la tonne. Sans compter les affleurements voisins d' A-Mi-Tcheou, et dont I il a déjà été question, deux gisements sont en exploitation ; dans la région. Le plus important est celui de Pou-Tchao-Pa, situé à 25 kilomètres au Nord-Est d'A-Mi-Tcheou. J'évalue sa distance avec Mong-Tze à 05 kilomètres. Je l'ai visité le 25 mai 1898. Un sentier fortement détérioré parles transports chemine d'abord au milieu des collines tria- j siques supérieures et rhé tiennes, puis aboutit dans une large plaine bien cultivée, à 1.300 mètres d'altitude, arrosée par un important affluent du Pa-Ta-Ho. Un grand cirque creusé par l'érosion de cette rivière met à nu, sur une grande longueur, l'affleurement d'une couche faiblement inclinée vers l'Est, et qu'autant que j'ai pu en juger, semble atteindre 20 mètres d'épaisseur. Cet affleurement est exploité un peu partout . à ciel ouvert. La houille est taillée sur place, dans les parties dures de la couche, en blocs de 35 kilogrammes, puis chargée soit sur des chevaux, soit sur des yacks, oui

DES PROVINCES CHINOISES VOISINES DU TONKIN

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les amènent par un relai intermédiaire jusqu'au marché T A-Mi-Tcheou. Ce charbon est d'un bel aspect dans les parties profondes : mais, comme on n'attaque guère que les bancs dénudés depuis longtemps par la rivière, les blocs sont en général fendillés et d'un aspect terne. L'analyse, faite au bureau d'essai de l'Ecole Supérieure des Mines, et vérifiée par plusieurs déterminations concordantes, sur un de ces échantillons quelque peu altérés, a donné les résultats ci-dessous : Eau hygrométrique

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Matières volatiles

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Carbone fixe

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Cendres

Le pouvoir calorifique est de 7.060 calories. C'est donc un combustible de grande valeur. Le gisement se trouve à environ 1.250 mètres d'altitude. Tout l'ensemble du terrain est très régulier. Les collines degrés versicolore qui dominent l'affleurement paraissent de loin supporter elles-mêmes des lambeaux de calcaire infraliasique. On peut évaluer à 2 ou 3.000 tonnes par an la produc* Bon actuelle d'A-Mi-Tcheou, qui no possède d'autre débouché que la consommation locale d'une région peu peuplée, dans laquelle le bois ne fait pas encore complètement défaut. Le gisement le plus voisin de Mong-Tze est celui de ^i -Ou-Ke, qui fournit une houille brillante, souvent menue, Nais toujours flambante, et employée surtout à Mong-Tze P 'Jiir la distillation de l'alcool de riz. Les affleurements se trouvent à 15 kilomètres d'A-Miîc heou et à 3G kilomètres environ de Mong-Tze. Je les ai visités, le 26 mai 1898, en passant par les villages de ALong-I et Hong-Tang-Tze. On y exploite une couche d'environ l m ,20, très régulière, plongeant nettement vers l'Est