Annales des Mines (1899, série 9, volume 15) [Image 39]

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70 MÉMOIRE SUR LES PHOSPHATES NOIRS DES PYRÉNÉES

Il se présente dans la -galerie Gisement de contact. avec une puissance, de 8n1,90 de phosphate en roche avec nodules ; ces derniers entrant pour environ un tiers en volume dans la composition de la couche. Pendage du gîte : 600 au Nord. Une prise d'essai moyenne, faite sur le phosphate tout-

venant, nodules déduits par un criblage préalable, a - donné 16 p. 100 d'acide phosphorique, correspondant 35 p. 100 de phosphate tribasique. Les nodules donnent, _ comme on le sait, une teneur très régulière, variant de -60 à 65 p. 100 de phosphate tribasique. Il est inutile d'insister sur l'importance de ce percement,

qui a permis de confirmer très rapidement et, comme on le voit, par des travaux très simples, la persistance en profondeur de la puissance remarquable de la couche phosphatée, qu'on constate à la surface, sur un grand nombre de points. Il faut remarquer encore, Schistes manganésés. -avant de quitter le gîte de Las Cabesses, que les schistes - encaissant la griotte métallifère sont, dans le voisinage des enrichissements en minerai de manganèse, fortement chargés eux-mêmes de ce métal, tandis que le minerai de manganèse, quoique très voisin on le voit de la couche

de phosphate, est absolument indemne de l'élément 'nuisible, phosphore. La postériorité du remplissage manganésé est donc évidente.

Ces remarques auront leur intérêt dans l'exploitation -Souterraine des phosphates. La teneur en manganèse des 'schistes encaissants sera un guide précieux pour la recherche de ce métal dans la griotte voisine du contact que les travaux seront forcément appelés à suivre. C'est là une indication d'autant plus importante que, par leur mode même de formation, sur lequel j'ai donné plus haut -quelques détails, les gisements de manganèse carbonaté de l'Ariège peuvent parfaitement exister sans qu'aucun affleu-

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rement les signale à l'attention, à la surface actuelle du sol. Gisement des Courets. A partir de Las Cabesses, en suivant l'affleurement de la couche phosphatée, on passe -de la vallée du Nert dans celle de l'Estanque, affluent du Baup, qui passe à Lescure. Après un parcours de 900 mètres en direction, on arrive au ravin encaissé de Terrenère, un nom significatif, dans. lequel on découvre un magnifique affleurement de

phosphate' noir, qui traverse le ravin à angle droit. M. Vital le décrit comme suit dans son Rapport déjà cité (0)

« Une seconde coupe intéressante de la griotte peut -« être relevée au jour, sur les revers abrupts et dénudésqui longent la rive gauche du ruisseau de Terrenère, « dans le ravin des Courets. « Le contact du houiller et du dévonien est assez nette« ment visible dans ce ravin et, au-dessous des schistes « houillers, semblent émerger successivement deux lionn'ils de griotte tendre, le premier de 10 à 15 mètres d'épaisseur, le second d'une grande puissance, séparés

l'un de l'autre par des calcaires noirs et des bancs gréseux analogues aux assises recoupées par le traversbanc Lafargette. » On constate encore, ici le chevauchement de la couche phosphatée sur la griotte, que j'ai déjà signalé plusieurs fois et qu'il convient de noter au point de vue de la détermination de l'âge de ces phosphates et de leur rattachement soit au dévonien, soit au carbonifère. Si on considère, en effet, ces chevauchements comme des accidents postérieurs à la formation, les intrusions lenticulaires de phosphate dans la griotte n'ont pas de signifi(*) E. VITAL, Ingénieur en Chef des Mines, Étude sur la concession de carbonate de manganèse de Las Cabesses. Rapport inédit, 1896.