Annales des Mines (1896, série 9, volume 10) [Image 337]

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666 NOTE SUR LES DÉGAGEMENTS INSTANTANÉS DE GRISOU

NOTE SUR LES DÉGAGEMENTS INSTANTANÉS DE GRISOU 667

proximité d'un massif explosif, la dislocation des bancs résultant des coups de Mine provoquera généralement le dégagement instantané du grisou sans qu'un accident soit à redouter, les ouvriers ayant été remontés au jour ou, tout au moins, mis en sûreté. Cette méthode a incontestablement l'avantage d'être assez économique et de 'permettre un avancernerit rapide des chantiers ; toutefois, elle est appliquée depuis un trop petit nombre d'années pour qu'il soit possible, dès à présent, de se prononcer sûrement sur sa valeur ; on ne saur rait dire notamment s'il n'y à pas inconvénient à faire usage d'explosifs dans des mines éminemment grisou-

verticales d'aérage, établies dans les galeries et amenant au front de taille de l'air frais venant directement du puits d'entrée, l'air contaminé allant au puits de sortie sans passer par d'autres -chantiers en activité ; établissement, dans les cloisons-, en 'arrière du front de taille, de portes- placées en divers points et permettant aux ouvriers de se réfugier dans les compartiments d'arrivée de l'air

teuses.

frais. Lors d'un dégagement spontané survenus le le' juin1.882,

à Sainte-Aldegonde, dans un montage occupant quatre ouvriers, deux de ces derniers ont échappé à l'asphyxie en se réfugiant ainsi dans le compartiment d'arrivée d'air.

Pour que pareille _mesure soit sûrement efficace, il faut, ainsi qu'il est recommandé en Belgique, que l'aérage

MOYENS PROPRES A PRÉSERVER LES OUVRIERS CONTRE LES

soit déterminé par un' ventilateur soufflant, sans quoi

CONSÉQUENCES DES DÉGAGEMENTS INSTANTANÉS. - M. Ro-

l'obstruction de l'extrémité des cloisons par des éboulements suspendrait la .ventilation; 3° Adoption de mesures destinées à assurer la rapide évacuation du grisou ; établissement, à cet effet, de larges voies de retour d'air ou, mieux encore, de galeries multiples, et installation à la surface de ventilateurs capables de fournir, au besoin, un débit très supérieur au débit normal. Toutefois, il est essentiel que les mécaniciens des ventilateurs s'aperçoivent assez tôt que le cou'rant de retour contient une proportion anormale de grisou pour activer, en 'temps utile, la marche des appareils. Ces mesures, excellentes assurément, sont néanmoins insuffisantes 'pour garantir les ouvriers contre les .conséquences de très forts dégagements de grisou ;

berti-Lintermans énumère les nombreuses mesures recom-

mandées ou adoptées en Belgique, pour garantir les ouvriers contre les 'conséquences des dégagements instantanés. Nous passerons en revue les plus importantes. Ces mesures sont les suivantes Emploi de lampes de sûreté offrant toute sécurité, et suppression de toit feu nu, tant au fond qu'au voisinage des puits au jour : Ces précatftions sont évidentes et n'exigent aucun commentaire. Nous nous bornerons à dire incidemment que les dégagements instantanés seraient plus redoutables encore si, au lieu de couches minces, on avait affaire à des' couches puissantes; il faut tenir compte, en effet, des incendies spontanés qui sont malheureusement fréquents dans les gites épais et qui peuvent déterminer alors l'inflammation du grisou. Des mesures de sécurité toutes spéciales peuvent être nécessaires en pareil cas; 2° Emploi, pour les. travattx préparatoires, de cloisons

4° Enfin, le dernier moyen préconisé est l'établissement d'une canalisation fournissant de l'air comprimé. Des robinets seraient placés à peu d'intervalle les uns des autres (tous les 30 mètres environ), et jusqu'à une certaine. distance en arrière des fronts de taille ('100 ou 200 mètres). Leur ouverture permettrait aux ouvriers,