Annales des Mines (1895, série 9, volume 7) [Image 135]

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suspendue pendant toute la durée d'une procédure souvent fort longue. En août 1893, on a fermé ainsi la Columbian hydraulic qui produisait plus de 32.000 francs d'or par mois (*); cependant un décret récent a un peu atténué ces inconvénients. En

duisaient alors environ 500 kilogrammes d'or par an. En 1890,

Californie, on sait que des conflits du même genre se sont produits entre mineurs et agriculteurs et ont été, le plus souvent, tranchés au profit des agriculteurs ; mais là ceux-ci avaient à se plaindre, non seulement d'une perte en eau insignifiante, mais surtout d'apports d'alluvions énormes, venant du lavage des couches aurifères, qui venaient ruiner une industrie agricole elle-même très florissante.

En fait, plus des trois quarts de l'or extrait viennent des rivières et sont exploités par les gens du pays. Les filons qui produi-

sent le reste, sont, en général, entre les mains de sociétés étran-

gères, en majeure partie anglaises, parfois aussi françaises. Quelques entreprises françaises, notamment sur les alluvions de la rivière Nechi, ont été, dans ces dernières années, assez malheureuses.

Sur les neuf départements qui divisent la Colombie,les seuls importants comme production d'or sont Antioquia, Cauca, Tolima, Panama; ceux de Bolivar, Magdalena, Santander, Boyaca, Cundimarca (c'est-à-dire tout l'Est du pays), n'ont qu'une extraction insignifiante. Au centre de la Colombie, ANTIOQUIA (capitale Medellin) four-

nit actuellement près des deux tiers de l'or colombien (**). Plus de 2.600 concessions de mines y ont été instituées.

En 1858, la production d'or et d'argent aurifère y était de 7.800.000 francs; en 1882, elle a été de 13 millions; en 1890, de 14.560.000 francs. Le nombre des mineurs travaillant aux alluvions est plus du triple de celui des mineurs au filon. Il existe (du nord au sud) des filons d'or à Zaragoza, Amalfi, Bemedios , Anori , Yarumal , Angostura , Santa Rosa de los Osos (**"), etc.; les alluvions aurifères sont surtout dans le bassin du Pozoé et du Nechi au nord de Medellin. C'est sur le Nechi que des Français ont essayé, en 1887, d'établir un dragage méthodique. Les mines de Zaragoza, déjà exploitées au XVII' siècle, pro(* ) Slatistical supplement of the Engineering, 1893, p. 330 et 333. ("*) Voir, dans la Géographie universelle de Reclus, XVIII, p. 363, une carte des régions aurifères cTilntioquia. En 1887, M. Moufle a publié un rapport très favorable sur les gisements de cette région. (***) Von Schenck, Petermanns illittheilungen, 1883, Ileft, III.

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les mines de n'on Lino et Bolivar, exploitées par des Anglais dans ce district, ont produit 764,5 d'or; en 1891, environ 95; dans les six premiers mois de 1893, 1.363.000 francs d'or contre 1.340.000 dans les six derniers mois de 1892. Dans le district de Remedios, la compagnie française de Ségovie exploite les mines de Cristales et San Nicolas. Nous reparlerons, à propos de l'argent, des mines de Zancudo, à l'est de Medellin. A l'ouest de Medellin, la vallée du Cauca, où se trouve la ville d'An tioquia, possède également des mines d'or. Le département de CAUCA (capitale Popayan) , à l'ouest de

celui d'Antioquia, passe pour encore plus riche que lui en or ; mais la difficulté d'accéder aux gisements, l'insalubrité fréquente du climat et le haut prix de la main-d'uvre ont arrêté le développement industriel du pays. Les districts miniers sont surtout ceux de Choco, Barbacoas et Supia. A Supia, les mines de Marmato

ont, dit-on, occupé plusieurs milliers d'Indiens avant la conquête espagnole; les Anglais les ont reprises depuis 1824. Dans le district de Choco, on a travaillé sur les alluvions, de 1654. à 1851 (date de l'abolition de l'esclavage). Ces alluvions formeraient, d'après des descriptions publiées en 1879 et 1883, par un ingénieur anglais, M. Robert White, des couches quater-

naires très régulières occupant un espace de 600 milles carrés dans le bassin du San Juan, en aval de Sipi, et seraient loin d'être

épuisées (notamment les bancs de poudingues laissés de côte comme trop durs par les Espagnols). Ce district de Choco a, de 1654 à 1890, produit 712 millions d'or. Les mines de Barbacoas ont également une très ancienne réputation.

Il y a aujourd'hui, dans ce district, deux ou trois sociétés nord-américaines (en particulier à Ca.rgazon) qui ont peu d'importance.

Une compagnie, également américaine, fermée, en 1880, au capital de 3 millions pour draguer l'Atrato, n'a eu aucun succès. Le département de TOLIMA (capitale Neiva), situé au sud-est de

la Colombie, sur le haut cours du Magdalena, principal fleuve du pays, quoique moins anciennement célèbre que les précédents, est celui où les Anglais et les Américains du Nord ont fondé le plus d'entreprises dans ces derniers temps r). Les mines (") Le rapport analysé ne donne sur elles aucun détail. Tome VII, 1895.

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