Annales des Mines (1890, série 8, volume 17) [Image 200]

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ÉTUDE SUR LA LEVERRIERITE.

sont de l'ordre des écarts que l'on observe entre des analyses de pholérites et même des analyses de micas appartenant à la même famille. Il n'y a donc aucune raison de rapporter à l'une plutôt qu'à l'autre la formule type de la leverrierite. Nous verrons plus loin que, d'un

gisement à l'autre, la couleur et la biréfringence du minéral peuvent varier dans une certaine mesure. Il n'est donc pas surprenant que la composition soit également variable. On voit que la leverrierite est, dans tous les cas, une argile cristallisée très voisine de la pholérite au point de

vue chimique. Elle paraît toutefois contenir plus de chaux que la pholérite. Propriétés.

A l'oeil nu, les lamelles de leverrierite

ont une couleur qui varie du brun noir au gris blanchâtre. L'éclat est toujours vif sur la face de clivage. Les lamelles brunes ressemblent à certains micas uniaxes ; les lamelles blanches se confondent aisément avec le mica blanc.

Les faces longitudinales des prismes sont toujours noires, rugueuses et dépourvues d'éclat. Le rapport du diamètre à la longueur des prismes est très variable. Sa valeur habituelle paraît être 1/5. Dans certains gisements, comme à Gagnières (Gard), les prismes

sont très courts et l'on n'aperçoit à l'oeil nu que des paillettes blanchâtres, sans épaisseur sensible, nageant dans l'argile brune. Nous n'avons pas eu l'occasion d'observer des cristaux dont la longueur dépassât 15 millimètres. Toutefois,

MM. Grand'Eury et Favarcq, dans la note dont nous avons donné un extrait, disent que la longueur peut atteindre 20 millimètres. Nous avons dit au début de cette étude que les dimensions habituelles sont : 1 à 4 millimètres de longueur et 0'12,3 à 0rnm,7 de diamètre.

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La substance est très tendre, comme la pholérite. Elle

se raye à l'ongle sans la moindre difficulté. C'est là un caractère qui la différencie nettement de tous les micas.

La densité varie de 2,3 à 2,4 d'un gisement à l'autre. M. Stanislas Meunier a trouvé le nombre 2,437 pour l'ensemble d'une roche à leverrierite. Le clivage des cristaux de leverrierite est extrêmement facile. Ce clivage est exactement normal à l'axe d'allongement des prismes. Les lamelles de clivage ont, le plus souvent, un contour hexagonal. Tous les cristaux sont basés ou du moins nous n'avons jamais observé de poin-

tements. En revanche, certains cristaux sont plus ou moins fusiformes : ils se rétrécissent vers les extrémités, comme si les faces verticales étaient remplacées par des faces d'octaèdres et de prismes horizontaux. La grande friabilité de la substance, l'absence d'arêtes vives et de tout éclat sur le pourtour des prismes, et par-dessus tout, l'extrême petitesse des cristaux rendent toute mesure goniométrique irréalisable. Les caractères

précédents sont donc les seuls que l'on puisse déduire d'un examen à l'oeil nu. L'examen à la loupe ne fait connaître aucune particularité nouvelle, si ce n'est l'existence de fentes longitudinales. On discerne également, au moyen de la loupe, quelques macles par pénétration de deux ou trois cristaux à axe parallèle ; mais ces mâcles sont peu visibles ainsi,

au lieu qu'elles s'étudient très facilement au

microscope.

L'examen microscopique permet de pousser très loin l'étude de la leverrierite et de donner une définition complète de ce minéral. Nous avons opéré siur un très grand nombre de plaques minces, ayant en général deux centièmes de millimètre d'épaisseur, prélevées dans une Série de roches à leverrierite. Les Pl. XI et XII reprodui-