Annales des Mines (1889, série 8, volume 15) [Image 279]

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L'ÉCOLE DES MINES DE PARIS.

Sarrebrück, sur la Rossel, près du confluent de cette iila forvière avec la Sarre, au point où, vers le sud-ouest, mation houillère du bassin de Sarrebrück disparaît sous les grès vosgiens. Le domaine français avait pris possesNassausion de tous les biens appartenant aux princes de

Sarrebruck ; il disposait ainsi de trois forges et de l'ensemble activité des houillères, comprenant treize exploitations en qui était spéciaen ce moment, dont celle de Geislautern,

lement affectée à la forge située dans cette localité (*) L'administration des finances aliéna deux des forges, et la troisième, celle de Geislautern, avec sa fabrique de ferblanc, fut réservée pour l'École pratique avec la houillère voisine à elle affectée.

Mais cette houillère était à peu près épuisée jusqu'au niveau des vallées ; elle ne fournissait en outre que des charbons de seconde qualité pour chauffage et grilles, impropres à donner du coke. Or, on se proposait de construire On affecta à Geislautern deux grands fourneaux au coke.

donc ultérieurement à l'École pratique les houillères de Dutweiler, établies sur les affleurements houillers qui émergent à 6 kilomètres au nord-est de Sarrebrück, et qui étaient à cette date les exploitations en activité les deplus rapprochées de Geislautern. Ces exploitations vaient en outre permettre de compléter l'enseignement pratique en matière d'exploitation de mines. Plus tard, l'établissement un décret pour assurer la bonne marche de domaniales et du 10 août 1811 lui affecta, dans les forêts elles (*) Les autres houillères avaient été affermées, comme prix princes de Nassau-Sarrebrück, au l'étaient du reste sous les qui avait comannuel de 71.000 francs par bail de neuf ans et qui fut continué messidor an V (9 juin 1797), mencé le d'un commun accord en attendant l'institution des soixante concessions projetées. Toutes ces houillères, à ce moulent, étaient encore exploitées an par galeries. Elles produisaient environ 120.000 tonnes par d'une valeur de 500.000 francs.

NOTICE HISTORIQUE.

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communales qui l'entouraient au sud, un périmètre pour la recherche et l'exploitation des minerais de fer.

L'usine ne put être remise au conseil des mines par le Domaine que le ler janvier 1807. Par décret du 10 mars, Guillot-Duhamel fils (*), alors ingénieur en chef des mines, fut nommé directeur, poste dans lequel Beaunier (**) devait le remplacer en février 1813. Faute de fonds suffisants mis à leur disposition, l'un et l'autre durent se borner à faire rouler du mieux qu'ils pu-

rent les exploitations placées sous leur direction en tant qu'exploitations domaniales, mais sans pouvoir s'occuper (*) Fils de Guillot-Duharnel, l'initiateur en France de l'art des mines et de la métallurgie, ingénieur lors de la réorganisation en 1794, ayant suppléé son père au début de l'enseignement de l'Ecole de la Convention, inspecteur divisionnaire à la réorganisation en 1810, nommé inspecteur général au décès de Lefebvre d'Hellancourt en 1813, et ainsi appelé à siéger avec Lelièvre et Gilet de Laumont pour continuer dignement les traditions du premier trium viral.

Ce Guillot-Duhamel a eu lui-même un fils sorti de l'Ecole

polytechnique dans les mines, en 1819, avec Elie de Beaumont. C'est ce Guillot-Duhamel de la troisième génération qui a coopéré à la carte de la Haute-Marne et qui est décédé ingénieur en chef en retraite. (**) Beaunier, né le 15 janvier 1779, mort le 20 août 4835, dont le nom est resté populaire à Saint-Etienne, mériterait d'être plus connu en France qu'il ne semble l'être. Il a été le fondateur, en 1816, de l'Ecole de Saint-Etienne, qui a, il est vrai, suivi d'au-

tres voies que celles projetées pour elle. Il a le premier fabriqué, à la Béraudière, les aciers affinés à la houille dont la

production industrielle fit justement tant de bruit à leur époque. Il a été le concessionnaire et le créateur du premier chemin de fer établi en France, celui de Saint-Etienne à Andrezieux, concédé par ordonnance royale du 26 février 1823. Beaunier était entré directement à l'Ecole des mines de Paris le 19 ventôse an III (9 mars 4795) dans la première promotion de quarante élèves qui y furent successivement admis. Il passa ingénieur au second concours ouvert à cet effet, en octobre 1798, il resta dix-huit mois au laboratoire, employé par Vauquelin, et occupé à faire passer aux élèves leurs examens sur la chimie et la métallurgie.