Annales des Mines (1887, série 8, volume 11) [Image 257]

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NOTICE NÉCROLOGIQUE

SUR M. DE CHANCOURTOIS.

tendances et de ses aptitudes dans cette voie par une série de travaux de premier ordre parmi lesquels nous

pas déterminée a priori. M. de Chancourtois lui donna une longueur égale à 16, c'est-à-dire au poids atomique de l'oxygène ; il la partagea en 16 parties, et aux points de division éleva des génératrices dont la longueur fut graduée en parties de même valeur. Le tableau étant achevé et les corps simples disposés

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devons citer, tout d'abord, la Vis tellurique. La Vis tellurique est un mode de classement et d'étude de la constitution des corps au moyen d'une représentation graphique très originale, basée sur leur composition chimique. Cest en cherchant à édifier un système complet de lithologie synthétique que M. de Chancourtois fut con-

le long de l'hélice principale, on aperçoit immédiatement

plusieurs familles naturelles s'alignant, les unes sur la

duit à préciser les notions relatives à la composition des ro-

même génératrice, les autres sur des hélices diversement

ches et de leurs émanations et qu'il eut l'idée de résumer dans un tableau les rapports multiples des éléments au point de vue de leur rôle lithologique, en suivant, pour

inclinées. On sait, en effet, que l'on peut tracer sur un cylindre une infinité d'hélices passant par deux points

leur classification, l'ordre pur et simple de leur distribution dans l'écorce du globe. Guide par le sentiment de la continuité, M. de Chancourtois a été conduit « à rouler la feuille sur laquelle les résultats étaient consignés pour rapprocher les extrêmes qui offraient beaucoup d'analogie, puis à préciser les places des corps par des nombres proportionnels. » Le tracé hélicoïdal lui apparut alors immédiatement, « comme un moyen de réunir, dans une série fondamentale, tous les éléments épars sur le tableau et de manifester ensuite les rapports de propriétés de tous genres ». Ce tracé offre, en effet, tous les avantages de la continuité et, de plus, il multiplie à l'infini le nombre des entrées (alors que celles-ci sont réduites à deux sur un plan), ce qui permet d'observer les coïncidences les plus variées et les plus inattendues. Les symboles des corps simples sont, à cet effet, grou-

pés sur une hélice, inclinée à 45°, et tracée sur un cylindre droit. Ils sont représentés par des points placés à des distances proportionnelles à leurs poids atomiques et comptées à partir d'une origine fixe. La circonférence

de base du cylindre sur lequel l'hélice est tracée n'est

quelconques de la surface, à la condition toutefois que le pas de ces hélices, et par conséquent le nombre de spires de la portion de la courbe comprise entre ces deux points, soit indéterminé. Mais le problème se resserre beaucoup si, au lieu de laisser le nombre des spires arbitraire, on prend l'hélice à pas -maximum, celle qui joint les deux points par un arc inférieur ou au plus égal à une spire et qui constitue, par suite, pour le cylindre, la géodésique équivalente de la droite sur le plan. Or les familles qui se groupent ainsi, soit sur des génératrices, soit sur des hélices à pas maximum, comprennent des corps simples possédant sensiblement les mêmes propriétés physiques ou chimiques, les mêmes affinités, les mêmes caractéristiques industrielles. Ces hélices ramassent aussi des corps composés, pouvant jouer le rôle

de radicaux, ou encore des isomères de certains corps simples ou composés, et cette correspondance est due, dans la pensée de l'auteur, à une condensation proportionnelle de la même matière.

M. de Chancourtois a signalé ainsi plusieurs familles. importantes, groupées chacune sur une dea génératrices du cylindre, comme celles de l'oxygène, du chlore, du magnésium, des métaux alcalins, et quelques antres, disposées sui des hélices spéciales, telles que les groupes