Annales des Mines (1886, série 8, volume 9) [Image 208]

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GÉOLOGIE ET INDUSTRIE MINIÈRE

391 DU ROYAUME DE PÉRAK ET DES PAYS VOISINS.

Ossements : oiseaux, cerf, rhinocéros, éléphant, etc.; mollusques (*) : Cyclophorus malayanus Benson; Cycl. semisulcatus Sowerby: .Hybocystis elephas de Morgan; Melania (diverses espèces), Amphydromus (diverses espèces); minéraux : quartz (blanc, rose, gris) ; granite (et variétés); gneiss ; schistes (bruns très grossiers, bleus, verts) ; cassitérite (en gros fragments provenant de filons);

fer oligiste ; hématite rouge (en rognons). août.

Ipoh à Khan Kindin. Le sentier traverse

les alluvions de la vallée de Kinta jusqu'aux environs

de

Campong Kapayang (**), point où les calcaires affleurent;

de ce village, grâce aux défrichements malais, on peut embrasser d'un coup d'oeil tout le massif calcaire du G. Tchôra. Ces collines s.ont peu élevées (100 à 150 mètres

au plus), elles sont bordées de falaises blanches et couronnées d'une végétation très pauvre. De nombreuses cavernes percent en tout sens ces blocs de marbre. Les affleurements calcaires se continuent encore sur une distance de plusieurs kilomètres, puis sont remplacés par des schistes grossiers, noirâtres, dont les couches sont visibles non loin du S. Kinta. Le S. Kindin, dont l'embouchure est située à la limite des schistes coule dans les granites. 3 août. La mine de Kindin est la plus éloignée de toutes les exploitations d'étain de la vallée de Kinta, elle occupe environ 150 ouvriers chinois. Les couches exploitées sont à une profondeur d'environ 2m,50. Lors de mon

passage, deux lentilles riches avaient été découvertes, l'une de 2'n,25 d'épaisseur maxima, l'autre de lin,45. La teneur des terres riches variait entre 1 p. 100 à 4 p. 100, (*) Tous ces mollusques vivent encore dans le pays. Voyez Bull. Soc. zool. de France, 1885, p. 352, Moll. terr. et flua. du royaume de Pérak et pays voisins, par J. de Morgan. (**) Ce village, qu'il ne faut pas confondre avec C. hapayang du S. Raya, est situé à la limite de la navigation sur le S. Kinta.

d'après les lavages que j'ai faits moi-même. Le minerai est généralement très fin, il renferme cependant ;parfois de gros cristaux à peine roulés. Avant que les Chinois soient venus se fixer à Khan Kindin, les Malais avaient ouvert de vastes chantiers qui, dit-on, avaient été très rémunérateurs. L'eau nécessaire au lavage des minerais était amenée par un aqueduc formé d'écorces d'arbres soutenue par une série de perches verticales de 6 à 7 mètres de hauteur. La longueur de cette construction dépassait 200 à 250 mètres. Un orage l'a détruite en partie. Le S. Kindin sort de montagnes granitiques situées au nord et traverse un immense amas de kaolin, dont j'ai reconnu l'existence sur plus de 200 mètres de longueur ; quand à son épaisseur, il ne m'a pas été permis de la reconnaître. Ce gisement de kaolin est traversé par des veines de quartz dont la présence prouve clairement qu'il occupe la place des granites qui lui ont donné naissance. Au-dessous de ce gîte est un énorme filon de diorite (dirigé environ N. 30 E.) qui maintient les argiles et les empêche de crouler dans la vallée. Khan Kindin à Lijbou (*) Kéla. À la sortie de août. Kindin je rencontre un affleurement schisteux, puis, à cause de l'intensité de la végétation, il m'est impossible de voir les roches en place. A L'Obou Kéla, je trouve les granites à gros éléments passant à la pegmatite. Lübou Kéla à Tchangkat (**) Riam. Tous les 5 août. ravins sont remplis de blocs granitiques. De Tchangkat Riam (794 mètres), au sommet 6 août. du G. Riam (1.964 mètres). Au sommet du pic sont des affleurements considérables de gneiss jaunâtre, tandis -

(*) Li5bou, bassin situé au bas d'une cascade. Tchangkat signifie en malais colline et par extension village sakaye construit sur une hauteur.