Annales des Mines (1881, série 7, volume 20) [Image 128]

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EXPLOSIONS SURVENUES DANS LES HOUILLÈRES

qu'il y avait beaucoup de mines anglaises plus étendues que celle de Seaham, et qu'un puits placé dans le quartier de Maudlin uniquement pour servir, le cas échéant, de puits de refuge, était un non-sens. Tout cela était fort mal prendre la question, sinon même ne la pas comprendre du tout. Un point qui est bien de nature effectivement à frapper

l'attention dans cette catastrophe, plus encore que dans beaucoup d'autres catastrophes de mines anglaises, c'est le nombre relativement considérable d'ouvriers qui périssent

par asphyxie. Ici c'est la presque totalité. Et chose bien digne de remarque, ce n'est pas subitement qu'ils ont été frappés à Seaharn, comme le cas s'est si souvent présenté dans d'autres explosions : la plupart paraissent avoir péri par une asphyxie plus ou moins lente. II nous est difficile de ne pas voir là une conséquence plus ou moins directe des pratiques admises dans toute l'Angleterre pour l'ex-

DE SEMIAM ET DE PENYGRAIG,

de la sécurité il y aurait des avantages certains à avoir un aménagement dont l'appareil d'aérage permettrait de réaliser ce qu'on a appelé un aérage diagonal : en d'autres termes, il paraîtrait préférable de disposer les puits méthodiquement en amont et en aval de leur champ d'exploitation, et d'exploiter successivement en descendant

en ayant des quartiers indépendants les uns des autres d'abord, et dans chacun desquels ensuite les voies d'entrée et de sortie de l'air fussent suffisamment indépendantes l'une de l'autre. Avoir simplement des puits placés en amont et en aval de l'exploitation, en diagonale, ne suffirait pas, en. effet ; cela va de soi, et, s'il en était besoin, on le verrait par la catastrophe de Penygraig, une des très rares houillères d'Angleterre où l'on rencontrait cette disposition.

II

ploitation des couches plateuses : remarquables comme con-

centration de productions relativement énormes dans un champ donné, il serait permis de les discuter sérieusement au point de vue de la sécurité. Battre circulairement dans' toutes les directions autour de deux puits très voisins, seuls orifices de la mine avec le jour, avec un appareil d'aérage

aussi compliqué, à galeries aussi ramassées et aussi enchevêtrées les unes clans les autres, c'est se placer dans des conditions dangereuses. Il suffit d'une explosion relativement faible pour que les portes, barrages et surtout les croisements d'air (crossings), sur lesquels repose tout cet appareil, soient détruits, et avec leur destruction l'appareil cesse de fonctionner : des quartiers et des districts étendus se trouvent dès lors en culs-de-sac privés de tout aérage. On est véritablement frappé du nombre de portes et de croisements qu'il faut accumuler autour des puits avec de pareilles dispositions dont Seaharn montre un excellent exemple. Il semble donc bien qu'au seul point de vue

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ACCIDENT DE PENYGRAIG

La houillère de Situation et consistance de la mine Penygraig, située dans la vallée de Rhondda, fait partie de ce district du bassin houiller du sud du pays de Galles, dit de Rhondda-Aberdare, où l'on exploite les célèbres charbons à vapeur de Cardiff, district qui est un des plus connus d'Angleterre pour le nombre et l'importance des catastrophes qui y sont survenues déjà. La houillère de Penygraig est notamment limitrophe avec celle de Binas où une explosion, survenue dans la même couche en janvier 1879, faisait 63 victimes, et voisine de celle de Pentre, où 31 ouvriers furent tués en février 1871.

La houillère de Penygraig comprend deux puits A et B (fig. 1, Pl. Y). Le puits A, dit puits inférieur ou n° 2, de 4m,269

de diamètre

et 377-,50 de profondeur, est situé dans

le fond même de la vallée ;

le puits B, de hm ,573 de dia-