Annales des Mines (1881, série 7, volume 19) [Image 95]

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SUR LES EAUX DE LA SAVOIE.

RECHERCHES

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sources qui surgissent, par exemple, du granit, de la pro. togine, du gneiss, du trachyte, des sables quartzeux, des

unique. En résumé, la variété minéralogique des terrains qu'elle a traversés tend à compliquer beaucoup sa compo-

quartzites, avec celles qui viennent du calcaire, des marnes,

sition chimique.

des argiles et surtout des terrains gypseux ou salifères.

Il est encore nécessaire d'avoir recours à un autre ordre de faits qui, indépendamment des terrains, tendent à modifier la composition chimique des eaux ; ils sont relatifs à

Toujours les eaux provenant des premiers terrains sont beau.

coup plus pures que celles sortant des seconds ; ces dernières sont, au contraire, plus ou moins chargées de carbonate et de sulfate de chaux; car les calcaires argileux contiennent habituellement de la pyrite de fer qui s'oxyde et donne lieu à la formation de gypse. On conçoit, d'ailleurs, que les eaux souterraines doivent dissoudre légèrement les

la manière dont les eaux sont recueillies.

Les eaux de sources amenées par des canaux ou des conduits se débarrassent en partie des matières qu'elles retiennent en dissolution. Lorsque cette particularité se présentait pour les eaux de la Savoie, elle a été indiquée

terrains à travers lesquels elles s'infiltrent ; ainsi, lorsque ces terrains seront très riches en silice, elles pourront dis. soudre de petites quantités de silice ; tandis que si les ter. vains sont calcaires ou gypseux, elles dissoudront des quantités beaucoup plus grandes de carbonate et de sulfate de chaux.

dans le tableau.

Si l'on considère des sources thermales, au lieu de sources froides, les terrains desquels sortent leurs griffons exercent encore une influence bien manifeste sur leur composition. De plus, comme elles sont à une température élevée, elles dissolvent plus facilement les éléments des roches qu'elles rencontrent sur leur trajet ; elles peuvent même être fortement chargées de matières minérales peu solubles et no,

les puits sont presque toujours à proximité des habitations, en sorte qu'ils reçoivent des infiltrations de toute nature. Leur propre maçonnerie et les maisons voisines sont lavées par les eaux pluviales, et ces dernières peuvent introduire ainsi beaucoup de sels calcaires dans les eaux qui alimentent les puits. Ce résultat est particulièrement très sensible lorsque les puits se trouvent au milieu de constructions en plâtre qui sont déjà anciennes et salpêtrées. M. Boussain-

tamment de silice, qu'elles déposent en se

refroidissant

(geysers).

Maintenant il importe d'observer que la composition d'une source ne dépend pas seulement du terrain duquel elle surgit. Car, avant d'arriver à son point d'émergence, l'eau atmosphérique qui lui donne naissance s'est infiltrée lentement à travers la surface du sol et la terre végétale, puis à travers tous les terrains perméables qu'elle a ren, contrés. Son trajet souterrain est souvent très long et nés complexe ; il est même assez rare que l'eau se soit infiltrée

dans un seul terrain ou tout au moins dans une couche

Les eaux des puits sont toujours beaucoup plus chargées que celles des sources qui viennent dans les mêmes terrains ;

elles se renouvellent, en effet, avec plus de lenteur, et il s'y produit une évaporation qui tend à y concentrer les matières minérales dissoutes. Il faut surtout observer que

gault l'a reconnu pour divers puits de Paris, et les cartes

hydrologiques de Paris et du département de la Seine permettent de bien le constater (*) . Comparons maintenant les analyses des eaux de la Savoie

qui ont été faites par M. Lheureux avec les terrains desquels ces eaux proviennent (voir le tableau placé en regard de la page 170).

n

Del esse : Cartes hydrologiques de la ville de Paris et du dé-

portement de la Seine.