Annales des Mines (1880, série 7, volume 18) [Image 183]

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ÉTUDE DES MOYENS PROPRES A PRÉVENIR

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MM. Delon frères ont proposé de masquer avec un système d'écrans le corps de la flamme pour laisser plus perceptible l'auréole bleue due au grisou. MM. Mallard et Le Châtelier ont repris cette idée et ont simplifié et rendu très pratique ce petit écran mobile. Ils obtiennent des indications plus perceptibles encore en projetant la flamme sur un fond noir et observant à l'aide d'une loupe. On arrive ainsi à apprécier la présence d'un quart pour cent de grisou. Cette lampe, essayée déjà dans plusieurs mines, a donné de très bons résultats, et la Commission tient à recommander l'emploi (1). Les mêmes expérimentateurs avaient d'abord employé une lampe alimentée avec de l'hydrogène pur (2). La flamme presque incolore de ce gaz éteint beaucoup moins que celle de l'huile l'éclat de l'auréole bleue du grisou, qui devient On avec ce dispositif beaucoup plus nette et plus importante. appréciait ainsi le même degré de teneur qu'avec le système à écran ; mais la complication de la production de l'hydrogène pur a fait abandonner cet appareil par ses auteurs lorsqu'ils se sont trouvés en possession du précédent. Nous désignons sous ce nom un certain nombre d'appareils proposés pour annoncer d eux-

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Avertisseurs.

mêmes, et en dehors de l'attention et de l'observation spéciales du mineur, la présence du grisou. L'indicateur Mounier détermine, au moyen d'étincelles électriques qui passent périodiquement, une petite explosion quand l'air vient à se charger de grisou. Mais ce moyen d'indication pourrait, indépendamment de sa complication, présenter de grands dangers. (i)

LES EXPLOSIONS DU GRISOU.

Le docteur Irvine, de Glasgow, a construit une lampe indicatrice fondée sur le principe des flammes chantantes (1). Un tube étroit se remplissant plus ou moins de flamme, suivant qu'elle s'allonge ou non en présence du

grisou, pourra donner naissance à ce phénomène bien connu. Malheureusement, des expériences faites à Liège ont paru manquer de régularité. On a même été, dans cet ordre d'idées, jusqu' à proposer d'installer de pareilles lampes

à demeure sur les points suspects avec des téléphones aboutissant dans le cabinet d'un surveillant spécial. M. Turquan propose la sonnerie d'un avertisseur électrique déclanché par la rupture d'un fil combustible. Celui-

ci est tendu dans une lampe fixe, à une distance de la flamme qu'elle ne franchira qu'à la condition de s'élargir en présence du grisou. Ce principe, ingénieux au point de vue théorique, paraît cependant bien précaire pour la pratique. Les moindres courants d'air pourraient déplacer la flamme et brûler le fil.

M. Clermont indique l'emploi d'une lampe Mueseler fixe dont la flamme échauffe une petite barre métallique. Dans le grisou, la lampe s'éteint, et la barre, en se refroidissant, éprouve un retrait qui ferme un circuit électrique et met en action une sonnerie.

M. Anselle a proposé un autre genre d'indicateur (2). Un ballon de caoutchouc plein d'air se gonfle par endosmose dans le grisou. On empêche sa dilatation de prendre son expansion dans le sens horizontal, et on la concentre suivant la verticale pour déclancher une sonnerie électrique. L'auteur a aussi apporté une modification à son Système, en employant un tube électrique anéroïde qui se gonfle par l'endosmose d'un obturateur de porcelaine (3)

Pièces annexées aux procès-verbaux, page 511 et ,56.

Compte rendu de l'Académie des sciences, tome LXXXVIII, page Compte rendu menJournal des mines 1879, page 245. 749. suel, mai 1879, page 109; et décembre 1879,, page 289. (2) Pièces annexées aux procès-verbaux, pag,

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(i) Revue annuelle, de CUYPER, tome XXXIII, page 205.

(2) Transactions of the North, etc., tome XV, page 168. (5) Ibidem, page 170.