Annales des Mines (1879, série 7, volume 16) [Image 35]

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PROGRÈS RÉCENTS DE L'EXPLOITATION DES MINES 46 renversés. Mais les piqueurs, au lieu de monter sur le remblai façonné en gradins droits, se trouvent sur un plancher incliné sous un angle tellement choisi que le charbon s'y tienne en équilibre pour ne pas gêner par sa coulée spontanée, mais glisse cependant avec facilité sous la moindre impulsion. Il reste ainsi beaucoup plus propre que quand il tombe sur le remblai. Celui-ci est mis en place en arrière de l'avancement, en suivant à la distance voulue le déplacement successif du plancher parallèlement à lui-mème. On obtient de cette manière l'indépendance des deux services du charbon et du remblai. Ces avantages sont très-rationnels, et il ne s'agit que de savoir jusqu'à quel point ils seront compensés par l'embarras de ce boisage et surtout son prix coûtant. Sous ce rapport, l'auteur annonce dans son travail un résultat assez favorable pour que cette proposition mérite d'attirer l'attention. Un second groupe de méthodes en une tranche nous présente les petites tailles montantes, les petites tailles chassantes et les petites tailles en demi-pente. Dans la méthode par petites tailles montantes on divise l'étage en massifs longs ou sous-étages dont chacun est pris par enlevures contiguës disposées suivant l'inclinaison, mais remblayées à partir du pied, et non plus foudroyées comme dans la méthode correspondante par éboulement. On peut à cet égard procéder de deux manières : soit en s'éloignant des plans inclinés après leur avoir laissé un massif de protection; on effectue ainsi d'emblée le dépilage sans le faire précéder d'un traçage spécial ; soit, ce que l'on fait plus rarement, en battant en retraite à partir des limites du quartier, pour ne pas établir de voies de roulage dans le remblai. Dans les deux cas on laisse les

sous-étages d'aval-pendage en retard sur ceux:de l'amont-pendage,

d'une quantité ordinairement égale à deux largeurs de chantier. Cette méthode se rencontre par exemple à la Grand' Combe, à Aubin, an Treuil, à Mariemont, etc. La méthode des petites tailles chassantes est peu employée. La plupart du temps, comme elle suppose un grand redressement, c'est dans des filons tels que ceux de Pontgibaud, de Pontpean, d'Idria

(parties étroites), etc., ou encore dans un petit nombre de charbonnages tels que les dressants de Bességes et quelques couches minces de Carmaux Après avoir divisé le gîte en étages par des niveaux, on enlève le lopin par des tailles en direction à partir du bas, dont chacune est remblayée après son percement, pour former le sol sur lequel montent les hommes pour pratiquer l'enlevure supérieure.

ET DE LA CONSTRUCTION DES MACHINES A VAPEUR.

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La méthode des petites tailles en demi-pente se voit à Bességes (1).

On la rencontre aussi dans certaines parties de la Mure, avec cette particularité que le même remblai sert, en partie du moins, pour les niveaux successifs, car pour diminuer les frais d'introduction, on le fait glisser de l'amont pendage après qu'il y a terminé son rôle protecteur, en laissant alors ébouler le toit (2). A Bességes on dispose le traçage à 45° sur les voies de roulage en raison de la né-

cessité qu'il y a à restreindre la pente pour pouvoir effectuer le traînage dans les paniers à patins. Quant au dispositif à adopter pour constituer le chantier élémen-

taire de ces trois méthodes de petites tailles, on peut employer quatre modes distincts. On peut d'abord aller à fond sur toute la largeur de la viaille et remblayer en reculant, comme dans la méthode en travers; ou encore aller à, fond sur une portion seulement de la largeur et rétrograder en dépilant le reste et se faisant suivre alors par le remblai sur toute la largeur. C'est ce qui se fait par exemple à la Béraudière. On peut en troisième lieu se faire suivre par le remblai pendant le cléhouillement direct conduit sur toute la largeur, en ménageant seulement sur les deux côtés des passages, l'un pour le combustible, l'autre pour le remblai. C'est ce qui se voit aussi dans certaines tailles de la Béraudière. Je citerai enfin l'ouvrage en baïonnette dont le dispositif très-rationnel s'est déjà introduit à Champclauson ( Grand Combe ), à la Buelme (Aubin), Nickel (Mariernont), Bességes, etc. Le front de taille, très-

court en direction, se déplace en montant parallèlement à luimême, suivi par le remblai, sauf un couloir que l'on ménage contre

le massif non encore attaqué, pour la descente du charbon. Le remblai vient du niveau supérieur par le tronçon restant du couloir qui avait été ménagé de même en exploitant l'enlevure précédente,

et qui va sans cesse en se raccourcissant par la montée du remblayage. Je comprendrai dans un troisième et dernier groupe de méthodes

par remblai d'une seule tranche celles des gradins droits et des gradins renversés, spéciales aux gîtes très-redressés. Elles sont absolument classiques. La première reste limitée à un très- petit nombre de filons, tels que ceux d'Andreasberg, certains points Marsaut, Bulletin de la Société de l'industrie minérale, ire série, tome V, et 2' série, tome V. Je citerai encore la deuxième brûlante de la Béraudière comme présentant un autre exemple de l'emploi presque indéfini des remblais supérieurs pour remplir l'aval-pendage.