Annales des Mines (1879, série 7, volume 16) [Image 25]

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PROGRÈS RÉCENTS DE L'EXPLOITATION DES MINES 26 Enfin le mouvement de progression pour suivre l'approfondissement du trou. La liaison géométrique doit être proscrite sous ce rapport à cause du défaut de constance de la vitesse d'avancement. Dans le système Perroux, la pression de l'air comprimé détermine cette progression. Mais on regarde généralement comme préférable de la laisser effectuer par la main de l'ouvrier. On réduit ainsi la complication de l'appareil en y supprimant un certain nombre de pièces délicates, et l'on peut lui donner une constitution plus robuste pour résister aux réactions qu'il subit. La tendance actuelle est de substituer aux coups violents et peu nombreux une grande multiplicité de chocs moins intenses. On arrive par là à maintenir la roche dans un état de vibration incessant qui en facilite la désagrégation et fatigue moins l'outil. C'est ainsi que le Mac-Kean notamment a réalisé parfois le chiffre exorbitant de mille coups par minute.

La perforation mécanique commence Perforation verticale. à figurer dans le fonçage des puits (3). On peut citer notamment le puits de Gegenort (Sarrebrück), avec le perforateur Sachs et d', 17 d'avancement moyen en 24 heures ; celui de Wérister (pays de Liége) avec le Dubois-François et o'",60 d'avancement; l'avaleresse de Rossitz (Moravie) (2); le puits de Drybroot (3); un puits de Seraing, avec un approfondissement journalier de e mètre; celui de Rimognes (Ardennes), I. 0',45; les puits n" 3 et h de L'hôpital (Sarre-et-Moselle), sous la direction de M. Lévy ; celui de SaintAmédée, de la compagnie de Blanzy, qui avait exposé au Champ-. de-Mars toute une installation de perforation verticale. Il faut encore citer dans cet ordre d'idées le fonçage des puits à l'aide de la perforation au diamant (é), exécuté à Pottsville (Pensylvanie). On y a foncé simultanément deux puits à 2oo mètres Chansselle : Application desperforatrices au creusement des puits (Revue universelle des mines et des usines, tome XXXI, page 452). Leduc : Perforation verticale (Ibidem, 1875, tome II, page 444.). Compte rendu mensuel, mars 1876, page J. Lévy : Application des compresseurs et perforateurs au sondage des puits de mines (mémoire qui renferme une intéressante étude de l'appareil DuboisFrançois) (Bulletin de la société de l'industrie minérale, 2° série, tome VI, page 677). Evrard : Traité pratique de l'exploitation des mines, tome I, page 169. Revue universelle des mines et des usines, tome XXXVI, page 116. Ibidem, page 170, Zeitschrifl l'Ur den Berg, Hatten und Salinenwesen, t. XXIV, p. 169. Sauvage, Annales des mines, 7 série, tome VII, page 22,

ET DE LA CONSTRUCTION DES MACHINES A VAPEUR.

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l'un de l'autre, en forant dans l'un pendant qu'on procédait au sautage dans l'autre. On perçait 25 trous dans le premier, qui avait une section de e,88 sur tim,22 et 35 dans le second, de 7',82 sur Lim,22. Ces trous, de A5 millimètres de diamètre, étaient forés d'un seul coup jusqu'à une profondeur de 75 à 90 mètres, puis remplis

de sable. On les débarrassait ensuite de ce sable sur la hauteur d'un coup de mine ordinaire pour les charger de dualine et les enflammer au moyen de l'électricité. La perforation au diamant vient également d'être appliquée pour le fonçage du puits lIcerris, Quakers'yard, dans le sud du pays de Galles (1), avec un avancement d'environ im,o5 par ail heures.

Haveuses. L'emploi du travail mécanique pour le havage, qui est d'un usage courant en Angleterre, a toujours très-mal réussi en France. Il y arrive beaucoup plus rarement que chez nos voisins que la houille se tienne bien sur une grande surface ; et s'il n'en est pas ainsi, l'opération perd tous ses avantages (2). La substitution des engins mécaniques au travail à la main a du reste moins d'intérêt pour le dépilage, qui est la fonction essentielle des haveuses et dans lequel l'ouvrier produit -davantage, que dans le

traçage à section étroite, surtout quand celui-ci est pratiqué dans le rocher. Des essais de havage à l'air comprimé ont eu lieu notamment à Anzin et à Blanzy (5).

Je me bornerai à citer les noms des haveuses Baird, von Balzberg, Benson, Birkenshaw, Braconnier, Carret et Marshall, Firth, Gay (Li), Jones et Lewick, Kirkley, Muller et Roux (l'économique), Siinson , Wallaury et Bucquet, West-Ardley, Winstanley (5), etc. L'instrument d'attaque est tantôt la gouge, tantôt le burin procé-

dant par une série de trous rapprochés et placés dans un même plan, comme dans le nouvel appareil de Blanzy ; la scie d'acier ou enfin la scie de diamants, comme dans le système Taverdon (6). L'appareil Beernaert, qui figurait comme ce dernier à l'Exposition, sert à pratiquer des rouillures ; son fleuret ne tourne pas sur luimême. Lecornu, Annales des mines, 7, série, tome XIV, page 334. Revue universelle des mines et des usines, tomes XXIII-XXIV, p. 298. A. Janota : Expériences avec une machine à couper le sel, à Wiliczka (0Esterreichische Zeitschrift far den Berg und Hattenwesen, tome XXV, page 277).

Petitjean, Bulletin de la Société de l'industrie minérale, 2° série, tome VI, page 505.

Callon : Cours d'exploitation des mines, tome 1, page Ibidem, page 220, Journal des mines, 1878, page 627.