Annales des Mines (1878, série 7, volume 13) [Image 77]

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MINES ET USINES D'ALMADEN.

MINES ET USINES D' ALMADEN.

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POODUCTION. Années.

1870-71.

1811-7,

1872-73

1873-71 . 1811-75

.

.

Minerai.

Mercure.

tonnes. 11.654,9 15.527,8 13.509,3 13.714,1 19.182,6

tonnes. 1.185,00 1.135,00 1.155,28 976,10 1.264,00

Le nombre total des ouvriers occupés, rapproché du chiffre de la production, se comprendrait difficilement si nous n'ajoutions quelques explications. C'est que personne n'est occupé d'une manière continue dans aucun des établissements d'Almaden ; suivant les services, les ouvriers

travaillent un jour sur deux, un jour sur trois ou même moins ; le reste du temps, ils s'occupent à divers travaux privés. Cette situation est due, en partie, au désir de fournir du travail au plus grand nombre possible d'habitants ; mais elle a une cause beaucoup plus grave, qui ne saurait permettre une organisation différente. On sait, en effet, combien les émanations mercurielles sont nuisibles à la santé de ceux qui s'y trouvent exposés elles produisent d'abord le ptyalisme (salivation exagérée), le déchaussement des dents, des ulcères à la bouche ; puis pénètrent peu à peu l'organisme tout entier et donnent

naissance à un tremblement particulier auquel un long séjour dans l'établissement d'Almaden ne permet guère d'échapper. Ce tremblement est accompagné d'une déperdition de forces presque complète, et d'un triste affaiblissement de l'intelligence. L'intermittence du travail permet de combattre, au moins

en partie, cette maladie mercurielle, et c'est pour cela, beaucoup plus que par suite d'idées socialistes invétérées, que l'État occupe, à Almaden, un nombre d'ouvriers beaucoup plus grand qu'il ne le faudrait strictement pour l'exécution des divers travaux.

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Les ouvriers attaqués par le mercure ont à leur disposition un hôpital établi dans d'excellentes conditions. Ceux dont la constitution a été fortement atteinte par le mal, par suite d'un long séjour dans la mine ou à l'usine, peuvent obtenir la concession d'une certaine étendue de terrain à cultiver dans un domaine de 7.000 hectares, nommé domaine de Castilseras, qui dépend de l'établissement d'Almaden. Ce domaine ne rapporte rien, on peu de chose, et les frais d'entretien viennent grever d'autant le prix de revient du mercure. Les services financiers se sont simplifiés, depuis 1870,

par suite d'un traité conclu entre le trésor et la maison Rotschild.

Pour garantir et rembourser un prêt de 42 millions de piécettes (la piécette a sensiblement la valeur du franc) consenti, en 1870, par la maison Rothschild, et remboursable en trente annuités de 3.750.000 francs, le gouvernement lui concéda le monopole de l'achat des produits des mines d'Almaden aux conditions suivantes Le gouvernement espagnol s'engageait à livrer, chaque année, au moins 52.000 frascos (bouteilles de 54',507 ou 75 livres espagnoles), soient 1.104.,224. La valeur du mercure livré aux Rothschild est fixée d'après les cours du métal sur le marché anglais. Le minimum admis est de 6 livres sterling (15 1 , 0 environ); le cours descendrait au-dessous de ce chiffre que le gouvernement n'en recevrait pas moins 6 livres sterling par frasco.

De 6 jusqu'à 8 livres, l'excédant est partagé par moitié entre les deux contractants. Au-dessus de 8 livres, les Rothschild en reoivent un tiers, le trésor deux tiers. Ainsi, le prix du mercure étant, par exemple, de 14 livres sterling, le gouvernement espagnol recevra par bouteille : 6 livres st. comme minimum, i livre st. pour le 1" excédant de o livres, 30) Cr livres st, pour le 2e excédant de 6 livres, -ce iivres en tout. 1°)

20)