Annales des Mines (1878, série 7, volume 13) [Image 27]

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MINES ET USINES D'ALMADEN.

viennent encore aujourd'hui quelques et ne l'abandonna que lorsque sa santé,vieux chefs mineurs, minée par les vapeurs mercurielles contre lesquelles son zèle ne lui permettait aucune précaution, l'obligea à renoncer à un poste si dangereux. Après avoir occupé cette place pendant deux ans « sans pouvoir presque penser à la géologie , comme il le dit lui-même, et chargé désormais de fonctions

moins absorbantes, il put, en 1846, publier sur les mines d'Almaden un premier travail, dans lequel il décrivit les gisements, les rapportant, sans plus de distinctions, aux terrains de transition.

Beudant disait, vers 183o, que le mercure se trouvait à Almaden dans le trias. Un peu plus tard, N. Leplay avait reconnu dans la Sierra Morena deux terrains de transition, mais sans arriver à établir des lignes de démarcation précises (*). Ce fut M. de Verneuil qui, le premier, en 185o, s'occupa sérieusement de l'étude paléontologique de la Sierra Morena. Après avoir recueilli un certain nombre de fossiles, il ne tarda pas à reconnaître qu'il y en avait de deux époques

il put faire la part de ceux qui appartiennent au terrain silurien, et de ceux qui caractérisent le terrain

dévonien, tâche facile, dit M. de Verneuil, puisque, malgré les dislocations du sol, les fossiles siluriens et dévoniens ne sont jamais réunis dans les mêmes couches. Il restait à connaître l'ordre de superposition des couches et

la disposition des deux terrains, l'un par rapport à l'autre, à voir s'ils y existaient seuls, à étudier les roches plutoniques, à trouver l'époque de l'apparition du cinabre et à chercher le plus grand nombre possible de fossiles. C'est à cette tâche que se consacra M. de Prado.

MINES ET USINES D'ALMADEN.

Les recherches qu'il fit de 1852 à 1855 et dont le résultat est exposé dans le Bulletin de la Société géologique Sur la géologie d' Almaden, d'une partie de la Sierra Morena, et des montagnes de Tolède (tome XII, 1855), achevèrent de prouver que le système silurien supérieur n'était représenté dans le centre de l'Espagne que par exception,

et seulement par les schistes à Cardiola interrupta, tandis que dans la plupart des cas les couches dévoniennes reposaient immédiatement sur celles du système silurien inférieur, contemporaines des grès et schistes de Llandeilo. Si le grand espace qu'occupent les terrains anciens en Espagne donne beaucoup d'intérêt aux fossiles que M. Casiano de Prado y a découverts, on peut dire que les diffi-

cultés que présentent les études stratigraphiques dans cette région ajoutent encore à cet intérêt. En effet les plissements, les failles et les dislocations que l'écorce du globe y a éprouvés font qu'il est souvent très-difficile, sinon impossible, de se rendre compte de l'ordre de superposition originaire des couches. Certaines bandes' dévoniennes paraissent être intercalées dans le terrain silurien inférieur; mais comme les fossiles qu'elles renferment sont les mêmes que dans les couches dévoniennes régulièrement

superposées au terrain silurien, comme jamais il n'y a de mélange des fossiles des deux époques, le paléontologiste se prononce sans hésitation, là où le stratigraphiste reste incertain. En présence des convulsions auxquelles l'Espagne a été soumise, on peut affirmer que la paléontologie y fournit aux géologues un instrument plus nécessaire que dans aucune autre partie de l'Europe. Cette complication extrême des terrains anciens en Espagne permet de comprendre que leur étude ne soit pas plus avancée qu'elle ne l'est aujourd'hui. Les moyens de communication sont si insuffisants, les conditions matérielles

(*) Voir Annales des mines, 3e série, t. V, p, /75 et suiv., et 3° série, t. VI, p. 297 et suiv., notamment p. 340.

de la vie sont si difficiles dans la Sierra Morena, que les reconnaissances géologiques y sont forcément limitées.