Annales des Mines (1875, série 7, volume 8) [Image 341]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

678

REVUE DE GÉOLOGIE.

INDE.

Les dépôts avec plantes fossiles de l'Inde ont été étudiés par M. Blan fo rd (1). Il paraîtrait que ces dépôts forment une série continue depuis le commencement de l'époque permienne jusqu'à la fin de la période jurassique. L'auteur pense que, pendant le dépôt du terrain permien, l'Inde, l'Afrique méridionale et l'Australie étaient unies par un continent et que cette liaison, du moins pour l'Inde et l'Afrique, a persisté jusqu'à la fin de l'époque miocène. La position de cet ancien continent serait jalonnée par une ligne de récifs coralliens qui existe dans la mer Arabique. JAPON. ILE n'YEsso.

M. W. P. Blake (2) a donné quelques détails sur la

géologie de l'île d'Yesso. Les formations volcaniques en sont le trait dominant. La plupart des volcans de l'île peuvent être considérés comme éteints, ou du moins comme réduits à la condition de solfatares. Mais, il y a peu d'années, l'un des cônes voisins d'Hakodadi avait encore de violentes éruptions de pierre ponce et de cendres. A l'époque tertiaire ou post-tertiaire, l'activité volcanique de l'île a dû être considérable, car on y trouve presque partout un conglomérat bréchiforme, constitué par des fragments de trachytes, de laves et de scories. Le noyau de l'île d'Yesso est formé par des roches granitiques et métamorphiques, qui sont aurifères, et assez disloquées. On observe aussi une série de schistes et de calcaires avec minerais de plomb, qui pourrait appartenir au terrain carbonifère, à en juger par une empreinte plus ou moins nette de calamite. Des fossiles jurassiques ou crétacés ont été recueillis dans l'est de l'île. Enfin on observe encore des dépôts marins tertiaires ou posttertiaires dont les fossiles peuvent à peine être distingués des mollusques qui vivent actuellement sur les côtes. Ces observations de M. Blake datent de 862. Actuellement il existe à Yesso une commission géologique composée de Japonais placés sous la direction d'un géologue américain, M. Smy th. Lyman, assisté de..son compatriote M. Mu n roe. Le premier rapport de cette commission vient de paraître et fait bien augurer de son (t) Geol. Society, 16 décembre 1874. (2) Geol may., 1874, 464.

679

GÉOLOGIE GÉOGRAPHIQUE.

avenir. M. Lyman annonce la publication de cartes où non-seulement la topographie extérieure, mais encore l'allure souterraine des formations géologiques seront représentées par des courbes horizontales. Plusieurs systèmes de plissements ont été reconnus dans l'île et sont, dès à présent, appliqués par M. Lyman à la classification des terrains. CHINE.

M. l'abbé David (i) a recueilli à Tinkiako, dans le Shensi, des végétaux fossiles dans une couche de houille. L'examen de ces vé-

gétaux, fait par M. Brongniart, a montré qu'aucun d'eux n'appartenait à l'époque houillère. Lis se rapprochent, au contraire, beaucoup de la flore jurassique de Scarborough.

Cependant le terrain carbonifère existe en Chine. M. P. Fischer (2) en a reconnu les fossiles dans une collection rapportée de Leàn-Chan par M. David et M. Bay an (3), en examinant des échantillons du Yang-Tsee-Kiang, envoyés par _Francis Gar nier à M. D el e ss e, a distingué les Spirifer lineatus, Athyris ambigua, Productus costatus, Belleroption tangentialis.

OCIÉ1A.NIE.

SAINT-PAUL ET AMSTERDAM.

Comme M. de Hochstetter, M. Vélain (4) a étudié, dans 'Océan indien, la géologie des îles Saint-Paul et Amsterdam. L'île Saint-Paul, entièrement volcanique et dépourvue de végétation, laisse apercevoir dans l'ordre de ses roches trois périodes

d'éruption :la première, caractérisée par des roches acides et vitreuses, telles que les ponces et les obsidiennes ; la seconde, riche en produits basiques, aolérites, basaltes et laves; enfin l'époque

actuelle, qui a débuté par des phénomènes geysériens intenses, avec dépôt de silice, tandis que l'activité volcanique subissait un ralentissement notable, car maintenant elle ne se traduit plus que par des sources thermales. Bull. Soc. géol. [3], II, 406. Ibia., 409. Ibid., 409. Comptes rendus, LXXX, 998.

TOME Viii, 1875.

à5