Annales des Mines (1875, série 7, volume 7) [Image 4]

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DE SICILE.

MINES DE SOUFRE

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plupart des usines de produits chimiques ont remplacé par la pyrite de fer ou de cuivre le soufre qui formait autrefois la base exclusive de la fabrication de l'acide sulfurique. Mais la plupart des pyrites étant arsenicales donnent un acide impur qui n'est pas propre à tous les usages. De plus leur emploi présente dans la pratique certains inconvénients : quand elles sont calcaires, elles donnent de l'acide carbonique qui occupe inutilement une partie de la capacité des chambres de plomb ; quelle que soit leur composition, elles produisent en brûlant plus de chaleur que le soufre, de sorte que les gaz arrivent dans les chambres à une haute température qui rend la marche de ces dernières plus incertaine et moins productive. Aussi y aurait-il avantage à revenir à l'emploi du soufre, si la différence de prix entre celui-ci et la pyrite n'était pas aussi considérable qu'elle l'est actuellement. Dans son rapport du jury de l'Exposition universelle de 1867, M. Balard estimait qu'il suffirait pour cela que le prix du soufre descendît à 120 francs la tonne, rendu sur les lieux de consommation. Or ce produit vaut ordinairement de

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à 12 francs les 100 kilogrammes au port

d'embarquement ; il est grevé d'un droit de sortie de i,o75

et il subit des frais de transport qui varient de s,20 à 5 francs, pour la France ou l'Angleterre. Une baisse de 2f,5o à 5 francs sur le prix de vente permettrait peut-être à un certain nombre d'usines françaises d'abandonner la. pyrite et de revenir à l'emploi du soufre. Il est donc intéressant d'examiner l'état actuel de l'industrie soufrière en Sicile et de rechercher si une meilleure, utilisation des richesses minérales de File, les perfectionnements que comporte le traitement du minerai et l'amélioration des voies de transport ne peuvent amener dans un avenir plus

ou moins éloigné une diminution notable du prix de vente.

Nous avons visité à la fin de 1871 quelques-uns des

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principaux groupes de solfares (*) (Lercara, Casteltermini, Racalmuto, Caltanissetta, Grotta-Calda), et nous avons pu recueillir des renseignements précis sur l'allure et l'exploitation des gîtes de soufre. Depuis lors, en 1875, un travail très-complet a été publié sur ce sujet, et sur les questions qui s'y rattachent, par ordre du gouvernement italien ; il est dû à l'un des ingénieurs les plus distingués du corps royal des mines, ancien élève de l'École des mines de Paris, M. Parodi(**). En 1870 et 1871, un autre ingénieur au corps royal des mines, M. Mottura, chargé de dresser la carte géologique des districts miniers de la Sicile, avait publié deux mémoires très-étendus sur la formation solfifère et sur les terrains tertiaires qui la comprennent (***).Toutes les questions concernant la géologie, l'exploitation et l'avenir com-

mercial du soufre sont traitées à fond dans ces deux

ouvrages.

La partie géologique de notre travail, sauf les coupes, est entièrement extraite des mémoires de M. Mottura. Les

autres chapitres ont été rédigés d'après nos propres observations modifiées sur un certain nombre de points et complétées d'après les données fournies par l'ouvrage de () On distingue les gîtes de soufre en solfatares et en les premiers sont ceux qui sont produits par les causessolfares volcaniques encore agissantes actuellement, comme à Pouzzoles, la Guadeloupe, etc. ; les seconds sont ceux qui sont interstratifiés dans des roches sédimentaires appartenant à des époques géologiques plus ou moins anciennes, comme en Sicile, dans les Romagnes,

aux Tapets (Vaucluse), etc. (**) Sull' estrazione dello zolfo in Sicilia e sugli usi del medesimo. Relazione dell' ingegnere Lorenzo Parodi al ministro d'agricultura, industria e commercio. (") Sulla formazione solfifera della Sicilia. Memoria dell' ingegnere net corpo reale delle miniere Sebastiano Mottura. Torino, '870. Sulla formazione terziara nella zona solfifera della Sicilia. Mernoria di Sebastiano Mottura, etc. Firenze, 1871.