Annales des Mines (1874, série 7, volume 6) [Image 117]

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DISCOURS PRONONCÉS AUX FUNÉRAILLES

DE M. ÉLIE DE BEAUMONT.

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tivité d'un marcheur infatigable, et, dans ces dernières

aucune défaillance de main ni d'esprit ne pouvait faire pré-

années, quand il a dû être limité aux courses de l'École des Mines, nous étions émerveillés du vif intérêt que notre vénérable chef prenait encore à toutes les recherches de détail,

voir une catastrophe aussi prochaine.

du parti qu'il savait tirer de ces investigations multiples. Chaque course, destinée principalement à Pinstnuction de nos élèves, était marquée pour l'état-major lui-même par quelques progrès notables dans l'étude des faits, L'itinéraire et le programme dés explorations étaient soigneusement préparés ; mais, dans: l'exécution, nul rigorisme scholastique ; au contraire la plus grande latitude donnée ami initiatives individuelles;. comme aussi la plus grande liberté d'allure. Les troupes d'apprentis géologues sont ordinairement

animées de toute la bonne humeur qu'inspire la vie en plein air. M. Élie de Beaumont savait sortir de sa réserve habituelle pour s'associer à la gaieté de- ses jeunes compagnons, sans pourtant compromettre en rien la dignité du chef, lors même que quelque saillie déterminait chez lui une de ces explosions de rire, aussi franche que soudaine, dont tous ses disciples aiment à se rappeler l'impression joyeuse et communicative. Ces voyages avec une jeunesse hautement intelligente étaient pour lui « des jours de fête. » Il nous le disait il y a deux ans, à Angers, en remerciant nos nouveaux camarades de leurs souhaits de bonne santé et de longue vie. Cette année-ci, hélas ! on osait à peine, à Moulins, exprimer les voeux habituels. Il avait été trop évident dans la dernière journée que notre cher Maître avaitatteint .les limites de ses forces en voulant conduire là course jusqu'au bout: Toutefois, à son retour à Paris, il ne semblait pas se ressentir de cet effort. Souffrait-il? Qui pourrait le dire? Je ne lui ai jamais entendu articuler une plainte, sur les choses pas plus que sur les hommes. Dans sa dernière lettre, il y a moins: de quinze jours,

Et voilà que maintenant nous ne le reverrons- plus ! Nous n'entendrons plus ces conseils si avisés, si prudents, nous ne recevrons plus ces directions données toujours avec l'exquise délicatesse de l'homme d'une éducation parfaite!

Mais que le souvenir de ces rapports, Impérissable dans lo mémoire de tous ceux qui ont été sous ses ordres, serve P,ncore de lien entre les membres du Service géologique qui devaient, disait-il souvent, former une sorte de famille! Et, en ce moment, qu'il soit permis aux interprètes de ses vues scientifiques de se joindre à son neveu, héritier de son nom, à Son beau-frère, à ses parents douloureusement inais pieusement recueillis autour de sa dépouille mortelle, pour dire avec la confiance d'interpréter la pensée suprême Que la volonté de DIEU soit faite! de son âme :

DISCOURS DE M. DELESSE, Ingénieur en chef des mines, Président de la Commission centrale de la Société de géographie.

Messieurs,

La Société de Géographie s'honorait de compter parmi ses membres et parmi ses anciens présidents l'homme illustre que nous pleurons, et elle vient aujourd'hui lui rendre un dernier hommage.

Bien que les travaux de M. Élie de Beaumont aient eu plus spécialement pour objet la géologie, ils se relient à la géographie de la manière la plus intime. Comme il se plaisait lui-même à le dire, ces deux sciences