Journal des Mines (1813, volume 33) [Image 22]

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42 CONSTITUTION G.OLOGIQUE D'UNE TORTION

C'est aux hommes de l'art qu'il appartient de juger le mérite de cette conception qui,

au premier coup d'oeil, étonne l'imagination. Considérons cependant que, pour légitimer de grands projets , et appuyer de vastes entreprises, nous n'avons plus besoin d'aller chercher chez les anciens d'illustres exemples. Quand on a parcouru ces routes magnifiques des Alpes, éternels monumens du plus glorieux règne, ces rampes hasardeuses rendues faciles pour tous les genres de transports, ces longues

vones percées au travers des rocs inaccessibles, et au milieu de tous les obstacles que la nature multipliait chaque pas , peut on. croire qu'il reste encore quelque chose d'impossible au génie des arts, soutenu par les regards du grand homme qui les anime tous. Sans donc citer ici des travaux qui puissent offrir, avec le projet de M. l'ingénieur Plagniol , des traits de dissemblance, sans même justifier ce projet par l'exemple de cette immense galerie de i4000 mètres ( plus de trois lieues et demie) , entreprise pour .le canal de

Picardie, en partie exécutée, et que nous

avons vue sur le point de recevoir du gouvernement une approbation solennelle' je me bornerai à dire que, dans la confection de ce même canal, terminé sur un nouveau plan, et navigable aujourd'hui, on remarque deux galeries au-dessus de celle du bassin de Dijon. Ce biez aboutirait dans la vallée de la Brenne, en traversant la montagne de Civry, , au moyen d'une percée de 5oo mettes, et le canal recevrait ensuite, jusqu'à Pouillenay, , la direction qui est indiquée dans le projet par Sombernon.

DU DÉ:PARTEMENT DE LA CÔTE-D'OR.

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souterraines qui règnent ensemble sur une lon-

gueur de 680o mètres. Reste à considérer à présent, si la nature du sol apporte quelque

empêchement réel à l'exécution du projet. Ou a vu , dans la première partie , que la Nature de ligne granitique q(lui se manifeste à Reilly, m , verser. à traIVIétDODt et Millain ,

après une interruption

d'environ »seize kilomètres ( 4 lieues ) , est la limite des roches primitives de ce côté. Quoique la masse de granit, qui sort de terre à Remilly, paraisse être la sommité d'un roc isolé

cependant son existence sur un point aussi rapproché des importàns travaux que l'on pro

pose, et à un niveau qui leur est supérieur, peut faire concevoir des inquiétudes , et rend

nécessaire le plus sérieux examen pour les confirmer ou les détruire. Les trois puits d'épreuve

qui ont été ouverts sur la ligne de la percée

projetée, faciliteront cette recherche. L'observation des couches fera le reste. De quelque -côté que l'on considère la masse granitique granitique de Remilly,, on ne -tarde pas à la voir disparaître, en s'enfonçant très- rapidement. Déjà à quelques mètres au - dessous du village; le ruisseau ne creuse plus son lit que dans' les grès, et presque subitement ne met plus à découvert que des schistes .bituminifè-

res. De l'autre côté, le premier puits, dont

l'ouverture est presque de niveau avec la 558 écluse, et avec la percée projetée, est entièrement dans les grès, et n'atteint le granit qu'à i2m.83 (1). Si nous montons au puits supérieur, nous ne retrouvons plus , dans les matières qui (I) Voyez la planchel.