Journal des Mines (1809, volume 26) [Image 125]

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244 USINES EMPLOYÉES A LA FABRIC AT. DU FER

grand nombre de pièces de 24 pour armer des

  • bateaux plats, il eut besoin de tirer de son fourneau de la - Guerche ( Cher ) des gueuses qui

entrent pour alliage dans la fabrication des canons: dans cette circonstance urgente, son fourneau manquant d'eau , il établit une machine soufflante qu'il fit mouvoir à l'aide d'un mané,9,-e

tiré par des chevaux. Par ce moyen, M. Robert se procura de la fonte de la meilleure qualité,

et il continua de la mettre en usage pendant les deux années suivantes. S'il a cessé de s'en servir depuis quatre ans, c'est que l'eau qui a suffi à ses besoins, lui économisait l'entretien de douze chevaux ; mais il se propose de la remettre

en jeu dans le courant de la présente année.

De ce nouvel essai, je ne prétends pas conclure qu'il puisse être avantageux de se servir alternativement dans une usine de la force de l'eau et de celle des animaux de trait : l'on aurait à supporter à la fois les dépenses qu'entraînent les usines fixes et les portatives ; et je pense que

la conduite que tient à cet égard M. Robert, ne lui a été suggérée que par la force des circonstances; mais cet essai a servi à prouver que la force de douze chevaux peut suppléer celle d'un courant d'eau pour faire jouer des soufflets, et il me paraît que l'on ne peu se refuser à convenir que le premier de ces moyens appliqué à des usines portatives, serait à la fois avan-

tageux et économique, puisque d'une part les maîtres, de forges n'auraient plus à supporter les énormes dépenses qu'ils doivent faire pour construire et entretenir des usines fixes ; et que plaçant leurs usines portatives là où ils tri-nive-. raient, sur le lieu meme, le charbon et le mine-

DANS LE DÉPARTEMENT DU CHER.

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rai, ils seraient encore affranchis des frais considérables que leur coûte le transport de ces matières dont ils sont souvent obligés de se pour-

voir à de grandes distances : d'autre part, ces

usines portatives seraient avantageuses à la Société, puisqu'elles ne consommeraient le bois que dans les cantons où il est abondant , et d'où

l'on ne pourrait facilement l'extraire pour le chauffage et pour le service.

S'il est sufïisamment constaté que les soufflets

des fourneaux peuvent être avantageusement mis en jeu par les animaux, le même moyen

peut sans doute être adapté aux soufflets de forge; mais M.Robert, dont l'au torité est ici d'un grand

poids ne pense pas qu'il soit possible de faire mouvoir des' marteaux de forge à l'aide d'un manége , parce que l'échappement des cames d'un marteau a un effet répercussif qui nuirait à la pression uniforme que le collier d'un cheval exige ;

et l'opinion de cet entrepreneur ac-

quiert une nouvelle force par le défaut de succès des tentatives que MM. Wilkinson , Ramus et Devindel ont faites dans les usines du Creuzot ; ainsi l'on est fondé à présumer que les Celtes ont forgé le fer à force de bras sans le secours des gros marteaux .et des martinets.. Comme ce travail est excessivement pénible, je pense qu'à moins qu'il ne soit fait de nouvelles découvertes, il convient que les forges soient conservées sur les courans d'eau, tandis que des motifs puissans doivent faire désirer que les fourneaux parcourent successivement les cantons où la mine et le bois abonde et où leur transport présente de grandes difficultés. Passant à d'autres considérations, j'ohserQ. 3