Journal des Mines (1806, volume 20) [Image 168]

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MOYENS 1:$' ElVIrCIIER LE r

tomne et d'hiver, parvenaient à éteindre ou à diminuer les progrès de l'incendie ; mais le plus

souvent on était obligé d'abandonner aux flarrkmes ces richesses publiques, qui se consumaient avec d'autant plus d'activité que les cavités le térieures. avaient plus d'étendue. Si par fois feu s'éteignait, ce n'était qu'après avoir réduit en chaux la pierre calcaire qui sert de toit à ce combustible minéral, et forme des cavités telles

que la montagne, n'ayant plus d'appui, elle s'affaissait d'elle-même, et interceptait par ses immenses &bris les courans d'air qui auraient pu entretenir l'embrasement. cc Les entrepreneurs dont je visitais les tra-

vaux, paraissaient très- familiarisés avec ces évéminer s, et loin d'apporter aucun remède, ils se contentaient d'abandonner leurs. travaux, et d'en ouvrir d'autres à quelque distance , laissant au tems le soin d'ensevelir leurs bévues'. cc Cependant après avoir examiné lesdites mines, et reconnu les progrès du feu à l'extérieur,, vu l'impossibilité de pénétrer dans l'intérieur des travaux, j'engageai ces extracteurs à boucher toutes les issues par lesquelles l'air pourrait s'introduire dans ces ouvrages souterrains,

et à tenter par ce moyen d'étouffer le feu. Je leur fis entendre encore que s'ils ne prenaient cette préca.ution , et sur-tout s'ils laissaient la houille en débris s'amasser dans les nouvelles exploitations qu'ils venaient d'ouvrir rionsertlement il était à craindre que les flammes ne le gagnassent, mais encore qu'elles ne se manifestassent de nouveau dans leur exploitation

Les extracteurs dont il s'agit, ayant négligé de se conformer aux instructions qu'ils avaient re-

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DE St PROPAGER etc: 323 çues de l'Ingénieur Mathieu, et ayant continué leurs travaux de manière à propager l'incendie dans toutes les mines, le Préfet, pour mettre un terme à des abus si contraires aux lois et au bien p ublic, chargea l'Ingénieur des mines Mathieu et le Sous-Préfet d'Uzès, de se transporter sur les lieux, afin de faire boucher toutes les .mines dont l'extraction n'avait pas été autorisée par le Gouvernement, et d'aviser aux moyens d'arrêter les progrès de J'incendie qui les ciulsurnait. -cc D'après cette disposition, je Me transpor-

tai, dit l'Ingénieur Mathieu, à Uzès , et suc-

cessivement sur lesdites mines de Gavanon., accompagné de M. le Sous-Préfet, où je procédai à leur fermeture, en présence du Maire de SaintPaulet , avec tout le soin possible , afin d'étouffer le( feu , ou du moins d'arrêter ses. progrès. De là nous passâmes à celles de Sain t-Jaliende-Peyrolas , exploitées par les 11,131. Conzb et Mandin, où je fis combler tous les puits que ces particuliers avaient fait ouvrir, et 'remplir' avec dé la terre grasse les fentes qui paraissaient à la superficie. C'est sur-tout dans cette partie que le feu était plus actif, la fumée sortait par les fentes du rocher, et par deux des puits,comme d'un four à chaux. Un mois après la clôture de ces travaux, l'un des extracteurs ayant cherché à pénétrer dans un des puits clôturés, fut surpris et étouffé par la fumée qui s'échappa toutà-coup de l'intérieur de cette mine. M. le SansPréfet ,d'Uzès , instruit de cet événement , fit de nouveau procéder à la clôture de ce puits, .et remplir les crevasses par lesquelles l'air s'introduisait dans ces mines et servait d'aliment -

aux flammes) ».