Journal des Mines (1806, volume 20) [Image 6]

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SUR LES '.CORPS CRISTALLISTS

i)ANS LES LAVES ,

verts quelquefois d'un tuf calcaire , en sont dépouillés par l'acide nitreux, et paraissent

dans tout leur brillant. Voilà une opération qui prouve qu'il n'y a pas d'affinité chimique entre la lave et le scliorl-pyroxène qu'elle renferme, puisque l'une est attaquée et dissoute , et que l'autre ne l'est pas. Cet effet présente quelquefois un petit spectacle très-curieux; il est agréa-

ble de voir ces schorls de toute grandeur

,

même microscopiques, fixés su. la lave, dont la surface a été décomposée, brillant de leur poli et de tout le vif de leurs angles.

Il arrive quelquefois que les schorls euxmêmes sont attaqués, et leur couleur altérée au point de paraître de petits cristaux de souffte ou d'une teinte plus blanche ; cet effet est opéré , sans doute, lorsque les fumées contien-

nent un mélange d'acides qui agissent sur le schorl étant réunis, ce qu'ils ne peuvent pas

faire séparément ; opération chimique dont on a un exemple bien connu dans Peau-régale composée d'acide nitreux et d'acide marin. A ces faits qui prouvent, avec une parfaite évidence, que ces corps cristallisés sont antérieurs et étrangers à la lave qui les renferme je présenterai comme preuve surabondante un acciden t singulier trouvé dans les cendres qui ont couvert Pompe7a , que je possède dans ma collection de madères volcaniques. Je les ai déjà cités à la page 332 du il'. 93 de ce Journal. C'est une leucite isolée de 3 à 4 lignes de dia-_mètre dans toute sa cristallisation., réunie à un schorl dont elle embrasse la plus grande partie du prisme ; ce schorl est aussi dans sa parfaite -cristallisation, et chacut de ces cristeaux a re-

etc.

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tenu la couleur qui lui est propre ; on voit, par les vestiges restés adhérens au .schorl , que ces deux cristaux ont été renfermés dans une lave spongieuse rougetre. C'est accident n'est pas même le seul que je possède ; j'en ai un autre qui vient du même lieu, moins net que le précédent, parce qu'il a retenu plus de lave : c'est aussi une leucite de même grandeur parfaite-ment distincte, qui embrasse un petit groupe de schorls , dont l'un est plus grand que les deux autres qui lui sont réunis. N'est - ce pas là des exemples semblables ià

Iceux qui arrivent fréquemment aux 'cristaux

des couches formées par la voie humide ? Ces schorls verts ou épiclotes qu'on voit renfermés -dans des cristaux de roches ; .ces micas, ces -pyrites renfermés aussi dans cette même espèce -de cristal , et celui-ci à son tour.enveloppé dans

des cristaux de spath calcaire ; réunions qui indiquent une succession de formations. Les -schorls verts, micas, pyrites, ont précédé le

cristal de roche ; et le cristal de roche a précédé le spath calcaire. On trouve-aussi des réunions de ces trois cristaux superposés dans le même ordre, d'où suit cette -conséquence naturelle, que le schorl-pyroxène a précédé dans sa for-mation celle de la leucite. Je citerai encore des laves spongieuses qui montrent, dans leurs factures, des leucites en --fpartie isolées, le plus grand nombre solitaires, et d'autres groupées, comme il arrive aux cris-taux de toute espèce. Est-ce là la marche et ce que nous montrent ces amas confus de cristallites de verre refroidi dans les creusets de_verrerie ? .