Annales des Mines (1867, série 6, volume 11) [Image 262]

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BULLETIN.

M. le capitaine de vaisseau Pigeard, auquel la notice précédente est empruntée, donne ensuite un rapide aperçu des ressources hypothétiques qui pourraient parer à l'épuisement des gisements carbonifères ; il signale aussi les économies que, suivant

certaines personnes, l'on pourrait réaliser dans le régime des exploitations et dans celui de la consommation. Le département, géologique, dit-il, dont les statistiques embrassent tout le Royaume-Uni, évalue la perte totale de charbon à 20 p. loo de la quantité extraite, c'est-à-dire en se reportant au tableau que nous venons de donner, environ à mg millions de tonnes pour 1865.

Si de pareils chiffres sont pénibles à méditer, ils portent en revanche de si utiles enseignements, qu'il faut les accueillir avec gratitude. Cet immense déchet sera, quand on le voudra, réduit des A/5, au profit du présent et de l'avenir. Si grand que soit le gaspillage

de l'exploitation, il n'est pas, on le croirait à peine, à comparer à celui de la consommation. Nous avons entendu dire sur tous les tons que la plupart des foyers, qu'ils appartiennent à l'industrie, à la navigation ou aux maisons particulières, utiliseraient seulement une faible portion du calorique développé par le combustible. La perte atteint, d'après les supputations les plus modérées, jusqu'à 5. et 6o p. 100. Divers établissements ont, par des dispositions intelligentes, déjà réduit d'une manière notable leur consommation, mais il ne faudra sans doute pas moins qu'une hausse sensible des prix du charbon pour généraliser cette importante réforme. De leur côté, nos maisons pourraient, à l'aide de tuyaux de vapeur, être confortablement et uniformément chauffées partout, moyennant une dépense presque insignifiante, tandis qu'elle le sont, en général, fort imparfaitement et à un prix élevé. (Extrait d'un rapport adressé à M. le Ministre des affaire étrangères, par M. PIGEARD, capitaine de vaisseau,, attaché à l'ambassade de France à Londres.)

Emploi de l'huile de schiste pour la fabrication du gaz d'éclairage. Glasgow, le tg décembre d366.

Il est utile d'appeler l'attention sur un procédé basé sur l'emploi de l'huile de schiste, qui réduirait assez sensiblement la con-

BULLETIN.

599r sommation des charbons employés pour fabriquer le gaz d'éclairage, et qui, ne fût-ce qu'a ce point de vue, mériterait d'être étudié. On sait que les usines à gaz de Glasgow emploient d'ordinaire un mélange de différentes espèces de charbons désignés sous le nom de parrot coal, qui rendent environ pieds cubes de gaz de bonne qualité moyenne par tonne de8.000 1.0m5 kilogrammes. Les houilles communes d'Angleterre ou d'Écosse produisent aussi, mais en quantités bien moindres, du gaz qui, entre autres inconvénients, présente celui de donner beaucoup moins de lumière. Le

procédé pour lequel M. G. Mackenzie, de Glasgow, a pris un brevet,

et dont il a fait l'essai sur une assez grande échelle, à Johnstone, petite ville manufacturière du comté de Renfrew, consiste

ser, pour cette fabrication, les houilles de toute espèceà utiliet de

toutes qualités, en les réduisant en poudre et en les saturant d'une certaine quantité d'huile minérale non purifiée, laquelle est extraite de schistes houillers restés jusqu'ici sans emploi. M. Mackenzie obtiendrait ainsi, si les comptes rendus de ses expériences sont exacts, un rendement double de celui des charbons à gaz ordinaires, c'est-à-dire environ m6.000 pieds cubes de gaz par tonne, tout en retirant des cornues un coke de bonne lité; en outre le gaz préparé par ce système, indépendammentquade ce qu'il serait plus pur et plus riche en carbone que le gaz habituellement distribué dans les villes, fournirait une lumière beaucoup plus vive.

Cette application de l'huile de schiste à la du gaz, aurait, on le voit, à défaut d'autres avantages, fabrication celui de diminuer de moitié la somme de charbon nécessaire obtenir une quantité de gaz donnée et permettrait de tirer pour parti des menus et des poussières, qui ont

comparativement très-peu de valeur et en-

combrent le plus souvent les abords des mines. Quant au côté économique de la question, il n'est pas encore bien connu; les conditions dans lesquelles a été faite au centre d'un bassin houiller fort riche etl'expérience dans le voisinage immédiat d'un grand nombre de puits d'extraction, n'ont pas permis de l'apprécier très-complétement jusqu'ici

mais l'invention de M. Mackenzie doit présenter d'assez grands avantages dans les localités qui sont situées à une grande distance des mines et pour lesquelles les frais de transport augmentent sensiblement le coût du charbon. lin tout cas les grandes

compagnies d'éclairage du leurs intérêts par l'élévation croissante du prix des salaires et de la houille et aussi par la dépréciation simultanée de quelques-uns des résidusRoyaume-Uni sont assez sérieusement menacées dans