Annales des Mines (1866, série 6, volume 10) [Image 258]

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REVUE DE GÉOLOGIE.

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du trias supérieur, qui avait paru d'abord si singulier en Tyrol, alors qu'on ne connaissait guère le trias que par les dépôts du centre de l'Allemagne et de l'est de la France.

Limite entre le trias et le lias. 14age rhétien. Comme les années précédentes (i), la question de la limite entre le trias et le lias nous a valu plusieurs travaux intéressants dont nous donnerons ici une courte analyse. FRANCE. Citons d'abord M. J. Martin (2) auquel on doit un important travail d'ensemble sur les dépôts de passage entre le trias et le lias. Après avoir coordonné tous les matériaux publiés jusqu'à

ce jour en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Suisse, en Belgique et en France, M. Martin examine et discute les caractères de ces couches de jonction. Il constate que ces dépôts compris entre le Keuper et la zone à ammonites planorbis, généralement gréseux et arénacés en France, en Belgique et en Allemagne, sont marno-calcaires ou schisteux en Angleterre, en Italie et dans les Alpes. Cette constitution pétrographique est d'ailleurs en rapport avec les roches sous-jacentes ; elle est gréseuse ou arénacée au contact des roches de cristallisation, marneuse et calcaire sur les sédiments d'origine vaseuse. Sauf de rares exceptions, les dépôts de cet horizon ' sont en con-

cordance à la fois avec le lias et le trias, et aucun accident statigraphique ne paraît être spécial à la zone à avicula contorta. La faune présente des rapports d'affinité avec le trias, mais plus encore avec le lias; cependant cet ensemble organique possède un cachet tout particulier, justifiant la création d'un étage distinct, l'étage rhétien, qui pour M. Martin serait le premier terme de la série jurassique. Le mémoire de M. J. Martin est accompagné d'une liste de 533 espèces signalées jusqu'ici dans la zone à avicula contorta, avec une description de types nouveaux, recueillis dans la Côted'Or.

TERRAINS.

495 Après avoir répondu à quelques critiques de détail relatives à ses travaux, M. Lev al lois (1) a contesté la relation signalée par M. Martin entre la constitution pétrographique des couches de jonction et celle des terrains sous-jacents; la preuve du contraire serait mise en évidence par toutes les observations faites depuis l'Ardenne jusqu'au Morvan.

M. Levallois fait ensuite observer que M. Martin, malgré sa persistance à ranger les couches de jonction dans le terrain jurassique, n'hésite pourtant pas, en présence des caractères paléontologiques, à déclarer que leur faune ne peut être confondue ni avec celle du trias, ni avec celle du lias, et qu'elle leur sert en quelque sorte de trait-d'union. Or, aux yeux de M. Levallois, la question de l'intercalation de ces couches dans le lias ou le trias est tout à fait secondaire : ce

qui importe, c'est que leur caractère spécial soit nettement reconnu, et, pour sa part, il accepte volontiers le nom d'étage rhétien.

Il fait remarquer en outre qu'il n'est guère utile, comme le fait M. Martin, de comparer les fossiles français avec ceux des Alpes; la faune des couches en litige varie beaucoup suivant des localités aussi éloignées et peut avoir ses analogies, ici dans le lias, là dans

le trias ainsi que l'a observé M. Renevier. M. Ter quern (2), invité par M. Marti n à dire son opinion sur la question paléontologique, s'est rangé du côté de M. Le val 1 ois. Il

discute les assimilations d'espèces faites par M. l'abbé Stoppani. En outre, dans une longue série de fossiles qu'il possède du grès bigarré de Saint-Avold (Moselle) et de Ruault près Flombières (Vo=ges), il a retrouvé presque tous les acéphales que MM. Stoppan i et Martin ont indiqués dans la zone à avicula contorta. Quant à la stratigraphie, elle montre, dans certaines localités, les marnes irisées et le bone-bed soulevés et redressés tandis que le lias les recouvre en couches horizontales ; c'est en particulier ce qui a lieu dans les environ de Metz (3).

Enfin M. Ter q uem a retrouvé constamment, dans la Moselle et le grand-duché de Luxembourg, la couche de marnes rouges signalée par M. Levallois entre le calcaire du lias et le bone-bed.

Enregistrons encore un travail de M. Pellat (à) sur la zone de Observations, etc. Paris, Savy, 1865.

(i) Revue de Géologie, t. In et IV. (2) Mémoire de l'Académie de Dijon, Xli, 156i.

Metz, 1864.

Revue de géologie, t. Il, p. 2o4. Bulletin de la Société géologique, XXII, 548.