Journal des Mines (1803-04, volume 15) [Image 146]

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SUR LA_ SCINTILLATION

nablement croire que le charbon devient, par

son premier degré d'oxydation ,plus avide d'oxy-

gène, et conclure du léger degré de chaleur

qui a eu lieu dans le choc qui a donné les étincelles , la facilité de cette nouvelle combinai-

son d'oxygène, ou de la combustion du charbon ? Ce fait n'est pas au reste le seul à citer à l'ap-

pu de l'inflammation facile du charbon. Il y a peu de teins que le feu s'est manifesté cieux fois à la poudrerie d'Essonnes , près Paris, dans un.

blutoir où l'on avait passé du charbon pulvérisé qu'on y avait laissé. On vit circuler sur la surface du charbon une flamme bleuâtre, avec forte chaleur. Le charbon parait aussi susceptible d'une sur-

oxydation ou combustion lente et insensible, lorsqu'il est humide , en décomposant l'eau, et se combinant avec son oxygène pour passer à l'état gazeux d'acide carbonique. J'ai eu l'occasion de constater ce fait dans de nombreuses expériences où je cherchais à constater les effets produits sur les poudres par des avaries et des séchages successifs. J'aquis la conviction cjue les poudres, en passant par ces différens etats , pouvaient perdre tout le carbone pur

qui était entré dans leur composition ; M. Chaptal , auquel je soumis mes observations à cet égard, me confirma le fait qu'il avait lui-même

éprouvé dans des expériences sur le charbon. Revenant à l'inflammation da charbon par

le choc, ne peut-on pas souvent attribuer à cette matière l'inflammation de la poudre par choc ou mouvement de porphyrisation dont

nous ayons, clans les usines à meules et celles.

D tS 130.IS CITAIttON:S.

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-à pilons, et dans beaucoup d'autres circons-

tances encore, des exemples très-fréquens qu'il serait trop long de citer ici ? Quoi qu'il en soit, je suis éloigné de regar-

der comme certain que la propriété scintillante des bois charbonés , soit la cause des

explosions de nos batteries, comme, on semble

l'insérer dans la Note publiée clans quelques Journaux; encore moins qu'elle explique pourquoi ces explosions ne sont pas plus fréquentes ; et si j'ai indiqué le pulvérisag,e du charbon avant son emploi, ce n'était pas dans la persuasion de prévenir entièrement les accideus , comme on le dit aussi dans la Note ; mais c'est que j'avais observé que lorsqu'on l'emploie en. bâtons , les pilons de nos usines

sont plus exposés à battre à fond (t), parce qu'alors les morceaux se croisant et se sou-

tenant mutuellement autour du pilon , y soutiennent entre eux les deux autres matières, ce qui retient même dans les batteries, dans

ce moment dangereux, un ouvrier exprès pour

remuer la composition, et ce qui n'est point nécessaire en employant le charbon pulvérisé.

Concluons de tout ceci, que la fabrication des poudres est environnée de bien des dan(i) On dit en terme d'art que les pilons battent d JOnd , quand les matières ou compositions ne tournent pas , et que les pilons retombent sur le fond même du mortier, et l'on dit tourner quand la composition , chassée du fond. du mortier par la percussion du pilon , remonte graduellement le long de ses parois, pour retomber ensuite , et peu à peu ,. sous le pilon, par l'effet de la voussure qu'offre Id mortier dans sa partie supérieure.