Annales des Mines (1873, série 7, volume 3) [Image 212]

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DE LA CHAÎNE DES ANDES.

CONSTITUTION GÉOLOGIQUE

fer titanifère continue à s'y montrer ; on y remarque même quelquefois de la pyrite et quelques traces de cuivre. Ces roches se présentent en dykes souvent d'une grande puissance ; ils sont orientés à très-peu près de l'est à l'ouest,

et traversent dans cette direction le terrain silurien, le grès rouge et les syénites, tandis qu'ils n'ont jamais été observés dans le trias ou dans les formations plus récentes. PORPHYRE AUGITIQUE.

Le porphyre augitique se rattache d'une part à l'hypersthénite et de l'autre au phonolite ; dans quelques variétés, le labradorite s'y présente en larges facettes, et c'est seulement par la présence du pyroxène que ces roches se différencient de l'hypersthénite. D'autres variétés présentent une masse compacte composée de cristaux microscopiques; sa composition correspond à un mélange d'oli-

goclase, et de labradorite , et lorsque les cristaux de pyroxène y deviennent rares, on les confond avec le phonolite. Les porphyres augitiques sont du mêMe âge que les trachytes ; ils forment des dykes qui affectent la même orientation. On les rencontre généralement dans les formations

du grès rouge, du trias et dans le terrain jurassique, tandis qu'ils manquent dans le terrain silurien et les schistes cristallisés. ROCHES VOLCANIQUES.

La fin de la période tertiaire a été caractérisée dans les Andes par des phénomènes d'une intensité remarquable. tes larges failles par lesquelles les syénites et les trachytes s'étaient frayé un passage se sont ouvertes de nouveau et ont projeté à de grandes distances des matières meubles composées de ponces, de cristaux microscopiques de

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feldspath mélangés aux débris des roches sous-jacentes. Ces conglomérats ponceux recouvrent de vastes surfaces, tant à l'est qu'a, l'ouest de la chaîne des Andes chiliennes ; ils forment la base qui supporte les cônes volcaniques voisins du Tacora et du Saajama, près de La-Paz, ils forment une couche très-régulière de 4 à 5 mètres d'épaisseur qui est recouverte par le terrain de transport. On les rencontre dans la même situation dans la plaine qui S'étend entre Arica et Tacna. Au Chili, 'on les rencontre sur les plateaux. qui supportent les volcans du Descabezado, du Manie et d'Antuco ; enfin ils reparaissent dans la vallée longitudinale près de Santiago, dans la plaine de Talca et dans l'Araucanie. En même temps que ces matières étaient projetées, les masses fluides qui ont produit les rétinites et les obsidiennes arrivaient à la surface. Ces roches forment de puissants dykes orientés à peu près nord-sud ; elles correspondent au maximum de l'intensité volcanique

et à la grande débâcle qui a produit le terrain de transport.

En suivant la marche de ce terrain depuis les hautes

vallées des Andes jusqu'à l'entrée de la plaine sur laquelle il s'est étendu, on reconnaît que seulement des pluies torrentielles ou la fonte rapide des neiges qui couvraient les cimes des Andes ont pu transporter à d'aussi grandes distances cette énorme quantité de débris dont une partie est arrivée jusqu'à la mer. C'est aussi vers ce même temps qu'ont eu lieu les derniers soulèvements qui ont achevé de façonner le relief de la chaîne des Andes chiliennes.

A partir de cette époque, les grandes failles par où s'échappaient les rétinites s'obstruent peu à peu, les communications avec l'intérieur se réduisent à . quelques ouvertures par lesquelles les fluides élastiques projettent les scories qui forment les cônes volcaniques. Les matières fluides qui s'échappent de ces cônes sont les mêmes ; toutes les laves récentes des volcans des Andes ont pour base le