Annales des Mines (1872, série 7, volume 2) [Image 277]

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REVUE DE GÉOLOGIE. 544 intercalées au milieu du terrain houiller : ces défauts consistent dans une interruption brusque et momentanée, sans amincisse-

ment préalable, de la couche de minerai, alors que les schistes encaissants ne paraissent avoir subi aucun dérangement. Après avoir établi que ces défauts ne se produisent que dans les contrées où il y a des failles, l'auteur fait remarquer qu'une faille est généralement limitée entre deux points pour lesquels le rejet est nul, et que, par conséquent, entre ces deux points, une couche déterminée, demeurant horizontale d'un côté de la faille, doit nécessairement prendre, sur le côté abaissé, une courbure d'autant plus grande que le maximum d'amplitude du rejet est plus consi-

dérable. Or il y a des exemples de failles ayant moins de 2 kilomètres de longueur, avec un rejet maximum de 200 mètres; la courbure qui en résulte est telle, qu'elle nécessite, entre les deux extrémités, un allongement de la partie courbe égal à plus de 60 mètres.

Dans les roches d'une faible dureté, comme les schistes, cet allongement se produit sans qu'il en résulte de vides appréciables, par suite de la naissance d'une infinité de petites fractures. Mais

lorsqu'une roche dure est intercalée dans les schistes, ses fractures, beaucoup plus rares d'ailleurs, ne correspondent pas à celles

de la roche encaissante, et la couche dure n'atteint un allongement égal à celui des schistes qu'a la condition de se rompre en un ou plusieurs points : de là résulteraient les défauts observés.

GEOGÉNIE.

545 existence avec des seismomè,tres et des appareils de précision. C'est en particulier ce qu'a reconnu M. A n t. d'A 1) b a di e observant dans le mercure les images de fils fixes.

GÉOGÉNIE.

Température du soleil. Certains physiciens ont admis que la température du soleil est excessivement élevée; mais en partant des résultats obtenus dans la mesure de l'intensité de sa radiation calorifique, et en substituant à la loi de Newton la loi plus complète de Dulong et Petit, M. Vicaire (1) a trouvé que la température à la surface du soleil serait seulement de illoo degrés, c'est-à-dire comparable ficelle de nos flammes, et qu'elle doit, en tous cas, rester bien inférieure à 5.000 degrés.

MM. H. Sainte-Claire-Deville, E. Becquerel, Fizeau,

W. Thomson, Faye sont arrivés de leur côté à des conclusions analogues.

Relation entre les phénomènes éruptifs et les phénomènes

sédimentaires. TREMBLEMENTS DE TERRE.

M. A. Perrey (i) continue, depuis plus d'un quart de siècle, ses consciencieuses études sur les tremblements de terre, et il vient de publier le résumé des observations de 1869. De nombreux correspondants lui ont apporté leur concours, notamment : MM. Moritz et Ki e fer, pour Tiflis et le Caucase; M. Tschu di, pour la côte occidentale de l'Amérique du Sud; MM. Bu ij s- Ballot et B er gsm a, pour les Indes Néerlandaises ; M. le docteur S a v atier, pour le Japon ; M. de II ochs t et t er, pour l'Australie. L'importance géologique des tremblements de terre est rendue

bien sensible par des recherches comme celles entreprises par M. A. Perrey. On est surpris, en effet, de leur grand nombre; du reste, ce nombre s'augmente encore lorsqu'on constate leur (1) Académie royale de Belgique, XXII.

M. de Chan cour tois

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a insisté sur la corrélation directe

des phénomènes éruptifs et des phénomènes sédimentaires : après

avoir rappelé la liaison intime qui lie les porphyres aux grès rouges par des conglomérats ou des argilolithes, l'auteur établit que les matières sédimentaires non détritiques, ou de précipitation chimique; telles que les silex, les calcaires, les minerais stratifiés, sont les épanouissements directs des matières d'émanation fournies par les magmas sous-jacents, en sorte que si, à une époque déterminée, on conçoit un filon formé par la juxtaposition ordonnée de tous les remplissages partiels observés dans une même région, la série ainsi obtenue correspondra, terme pour terme, à celle des dépôts sédimentaires non détritiques de la même époque. C'est ainsi que l'argile à meulières est l'épanouissement, à la fois sédimentaire et chimique, des matières argileuses et sableuses conte(2)

Comptes rendus, février 1522. Bull. Soc. géol., .XXVIII, 30,. TOME 11, 1872.

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