Annales des Mines (1872, série 7, volume 2) [Image 256]

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REVUE DE GÉOLOGIE.

GÉOLOGIE GÉOGRAPHIQUE.

ainsi désignée à cause de sa couleur généralement verdâtre, présente une épaisseur orthogonale qui s'élève à plusieurs kilomètres. Se basant sur l'absence de fossiles clans toute cette puis,'nte zone,

Cette dernière zone contient des bancs de calcaire saccharoïde, des calcschistes, des granites récents, et elle est sillonnée par des dykes porphyriques rouges, gris, ou à teintes foncées qui se rapportent aux mélaphyres. On y voit encore des granites massifs, des amphibolites, des porphyres quartzifères, et, au col de Tende, commencent les terrains tertiaires qui sont plus développés vers

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le professeur de Turin la rapporte aux terrains prépaléozoïques antérieurs au silurien fossilifère. Appliquant cette théorie aux roches traversées par le tunnel de Fréjus ou du mont Cenis M. Gast al di (r), range tous les terrains qui se trouvent entre Modane et Bardonnèche (grès talqueux, quartzites, gypses, calcaires dolomitiques et schistes lustrés), dans la grande zone des roches vertes, et il en fait, par conséquent, des terrains prépaléozoïques antérieurs au silurien.

D'un autre côté les géologues suisses et avec eux M. de M orti llet (.2) n'admettent aucunement la manière de voir de M. G ast al di , relativement à. l'ancienneté des roches traversées par le tunnel du mont Cenis.

Suivant eux, les grès talqueux du côté de Modane, au milieu desquels on a rencontré des couches d'anthracite, et qui reposent

sur les gneiss anciens, représentent l'époque houillère et font partie du terrain anthracifère des Alpes. Quant aux quartzites avec gypse, anhydrite, cargneules, dolomies, calcaires et calcschistes, qui reposent sur les grès talqueux, ces géologues les considèrent comme l'équivalent du trias. Suivant M. de M or tille t, les calcaires peuvent se suivre, d'une manière continue, jusqu'à Villarodin et à l'Esseillon, où l'on y a observé des coquilles, appartenant aux genres Lima et Avicula. De plus, à Bardonneche, les calcaires lustrés sont surmontés par des calcaires qui, en Maurienne et en Tarentaise, contiennent les fossiles du lias. M. B. Gas ta I di (3) a encore donné une description des roches qui composent la partie des Alpes comprise entre la vallée de Doce et celle de RanavO. -

On en distingue deux grandes 'zones : l'une formée des gneiss anciens ou granitiques constituant l'ossature des principaux groupes montagneux, et l'autre composée de roches vertes qui recouvre la première et comprend des serpentines, des euphotides, des diorites, ainsi qu'une grande variété de roches magnésiennes. (t) Lettere del pro f.B.Gastaldi al signore Enea Bignami dans Cenisio e Frejus. Géologie du tunnel de Fréjus, Annecy, 1572. Cenni sulla costituzione geologica del Piemonte.

l'est.

Les Apennins présentent les mêmes éléments, et l'on voit qu'ils forment avec les montagnes des îles de la Méditerranée une continuation des Alpes, qui s'abaissent de plus en plus et qui sont recouvertes de terrains plus récents. Le cours des vallées rencontre le terrain erratique, les moraines des anciens glaciers, et les cônes de déjection situés à l'entrée des vallées latérales. M. Ga s t al di étudie les immenses dépôts, d'apparence diluvienne, qui recouvrent le fond de la vallée du Pô et de ses affluents. Il montre que vingt-sept des vallées Alpines présentent des cônes de déjection sans trace de lacs, que sept seulement offrent un amphithéâtre glaciaire avec un ou deux lacs, que la plus intime relation existe entre ces divers dépôts. Enfin, suivant M. Ga sta 1 di, les bassins des lacs de cette partie des Alpes sont des vides produits et laissés par le front terminal des anciens glaciers.

Les terrains de sédiment que l'on observe MONTS EuGANÉENs. dans le périmètre des monts Euganéens appartiennent, d'après les recherchés de M. le professeur Pi ro na (1), aux époques jurassique, crétacée et tertiaire ; leur stratification est concordante et presque horizontale.

Le terrain jurassique, peu développé, est représenté par des calcaires et par un poudingue à ciment rougeâtre. On y trouve l'Ammonites ptychoïcus (Q uens tedt), A. plicatilis, A. Zignodianus, avec Aptychus larnellosus, Belemnites hastatus, qui caractérisent l'oxfordien.

Le terrain crétacé se présente sous la forme de calcaires qui, à la base, renfermentles Ammonites incestus, A. Grasiarms, A. quadrisulcatus, A. juilleti, A. infundihulum, A. Astierianus, Crioceras Duvalianus, C. Emerici, C. Villiersianus, C. Prioanus, Ancyloceras

(I) II. dans les

comitato geai. d'Italia. (Extrait par M. Caillaux d'un méritoire inséré Annales de l'Institut de Venise, XV, 3. série.)