Annales des Mines (1871, série 6, volume 20) [Image 135]

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MÉTALLURGIE DE L'ARGENT AU MEXIQUE.

'MÉTALLURGIE DE L'ARGENT AU MEXIQUE.

la métallurgie de l'argent au Mexique, conduisent à quelques conclusions générales qu'il peut être utile de résumer. Dans l'état actuel de la métallurgie de l'argent, il n'existe pas de formule de traitement unique, qui tenant compte des seules ressources disponibles près des usines du Mexique, puisse s'appliquer à toutes les variétés de minerais pro-

les gangues ne soient pas chargées de sulfures métalliques

duits par les filons de ce pays. Chacune des méthodes pratiquées peut exactement convenir à un minerai déterminé, mais aucune ne peut être généralisée ; en dehors des

conditions normales de leur emploi, elles ne produisent toutes que de mauvais résultats. L'amalgamation par le cazo s'applique aux minerais oxydés

qui contiennent l'argent à l'état de métal natif, de bromure ou de chlorure. Elle les réduit avec facilité et en quelques heures seulement; les installations qui lui sont nécessaires sont peu coûteuses, et le combustible herbacé qui peut lui suffire manque rarement. Ses frais s'élèvent seulement à 51 grammes d'argent pour s oo kilogrammes de minerai, mais ce traitement exige que les Minerais soient exempts de toute espèce d'élément sulfuré, ce qui est fort rare. L'amalgamation par le patio, est certainement celle qui con-

vient le mieux aux grandes productions de minerais qui caractérisent les exploitations du Nouveau-Monde. Elle est peu rigoureuse au point de vue de l'extraction de l'argent, mais, susceptible d'agir sur les plus grandes masses, elle peut, mieux qu'une autre, conduire à de très-grands produits. Ses avantages proviennent de 'extrême simplicité des constructions qu'elle exige, et de ses consommations trèspeu élevées en main-d'oeuvre et en combustible. Avec les prix actuels du sel et du mercure, ses frais sont couverts par une teneur de 5o à 40 grammes d'argent pour ioo kilogrammes, et ses pertes peuvent être limitées à 12 pour ioo de l'argent contenu ; mais il faut pour cela, que le métal n'existe dans les minerais qu'à l'état natif, de sulfure simple, ou de sulfure antimonié noir ; il faut de plus, que

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capables de s'oxyder par une longue exposition à l'air, en présence de l'eau salée et du sulfate de cuivre ; enfin la température moyenne du lieu de l'usine ne doit pas être inférieure à 12° centigrades et ne jamais s'abaisser au-dessous de o, durant plusieurs jours de suite. En dehors de ces conditions, les réactions sur lesquelles la méthode repose, traînent en longueur, et perdent leur netteté ; les

pertes en argent croissent rapidement, et par suite de la surélévation des dépenses de sel et de mercure, le traitement devient bientôt inapplicable.

L'amalgamation saxonne peut être d'un grand secours lorsque par suite des combinaisons complexes de l'argent, ou de la nature des gangues métalliques, les pertes en argent et les frais de traitement deviennent exagérés dans la méthode du patio. Le prix de revient de ce travail est fort élevé au Mexique, par suite des consommations de bois et de sel marin ; ce prix varie comme on l'a vu de 49 à 71 gr. d'argent pour s oo kilogrammes, et les pertes en argent ne s'élèvent pas à moins de 5o p. ioo, en moyenne, dans les usines de Real del Monte. Ces pertes ne peuvent guère être évitées, car les minerais complexes qui résistent au patio, se prêtent mal à la chloruration saxonne ; enfin pour peu que les minerais se chargent de plomb ou de cuivre, ce traitement doit lui-même être abandonné.

Le traitement par la fonte a deux grands obstacles, au le prix du charbon, et la rareté des mines de

Mexique :

plomb. Aussi on a vu que si on peut traiter, avec quelques

bénéfices, des minerais riches en plomb, à la teneur de 56 grammes d'argent pour loo kilogrammes de minerai, frais s'élevaient à 558 et 587 grammes, s'il s'agit de fondre

des minerais d'argent proprement dits dépourvus de galène. Le traitement par la fonte est donc de fait, au Mexique,

un traitement possible seulement pour des minerais trèsriches.