Annales des Mines (1871, série 6, volume 19) [Image 77]

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StElWiNGEEIRGE -ET EIFEL.

ferment en effet les mêmes éléments : des cristaux .de feld-

spath vitreux, un peu d'amphibole hornblende et 'de fer titane, des grains d'hatiyne bleue et du sphène ; elles fondent facilement au chalumeau en un émail blanc identique à celui que donne le feldspath vitreux, et doivent résulter de la fusion et du boursouflemeut des laves trachytignes. Peut-être même pourrait-on trouver des échantillons éta-

blissant d'une façon positive ce passage des laves aux ponces ; mais les bords du lac sont couverts partout d'une abondante végétation, que favorise la facile cléco:mposition des -tufs, et qui rend les recherches fort difficiles.

Comme dernière manifestation de l'action volcanique, il faut citer les nombreuses sources minerales.qu'on rencontre aux environs du lac de Laach, et dont les plus réputées sont celles de Toennistein ; ce sont des sources froides, qui,

presque toutes, donnent de l'acide carbonique er,r 'abondance : sur quelques points du lac, on a également constaté le dégageaient de bulles nombreuses de ce gaz; enfin, sur la. mètre' rive est, on trouve dans le boisun trou de ow,75 de profondeur, qui est une véritable mofette; mais elle est

très peu active, sauf en temps de pluie, c'est-à-dire aux moments de baisse barométrique. Sur un point de la vallée

de Brohl, on a établi une fabrique de céruse qui utilise ces énianations d'acide carbonique. La vallée de Brehtest située un peu fanée de Brai. au nord du lac de Laach: elleest creusée tout entière dans les schistes et les grauwackes ; le fond en est occupé par un tuf ponceux particulier, connu sous le nom deltasz : on

l'exploite sur une grande échelle, et il est employé, soit comme pierre de construction, soit beaucoup plutôt comme pouzzolane, après pulvérisation Le ruisseau qui coule dans

la vallée s'est creusé un lit dans ce tuf, et a .firri par atteindre les schistes, laissant sur ses bords des escarpements de 5o à 55 mètres ,de hauteur .; la route ,est établie à côté

du ruisseau et bordée sur toute sa longueur de carrières

SIEEENGEBERGE 'ET EIFEL.

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importantes. Le trasz de Oral iest forMéd'une pâte grise ou d'un gris jaunâtre, qui n'est autre chose que de la ponce

réduite en poudre, et peut-être un peu altérée, car elle

exhale, étant 'Mouillée, -une odeur argileuse !assez pronon-

cée; cette poussière ponceuse a été délayée dans l'eau ,de façon à former une boue qui, en se desséchant, s'est prise en une masse solide; les grains en sont sans doute cimentés par un peu d'argile ou de kaolin provenant ,de la décomposition de la ponce elle-même ; cette pâte renferme une. grande quantité de morceaux, de grosseur variable, de ponce blanche, dont quelques-uns sont altérés et tombent en poussière 'sous les doigts. On y rencontre en outre de très-petits fragments d'ubsidiennne verdâtre, une grande quantité de cristaux de pyroxène augite, ,cle petits grains de quartz translucides, du fer titane en grains ou en petits cristaux octaédriques, et de nombreux fragments de schiste ot -de grauwarke 'à peine altérés. Ce sont là les éléments constitutifs du trasz ; mais on y trouve aussi quelquefois de 'petits grains d'haliyne bleue, de petits cristaux d'amphigêne, et des morceaux plus ou moins gros de scorie volcanique rougeâtre renfermant des cristaux de pyroxène augite. Enfin il n'est pas rare de rencontrer des débris ergalliques empâtés dans la niasse : les plus fréquents sont des troncs vu des branches d'arbres, pourvus de leur écorce, mais qui sont passes à l'état de charbon roux; ces branches ont souvent ,conservé leurs feuilles, dont le limbe, les nervures et le pétiole r.)e, sont pas complètement détruits; l'empreinte a, du reste, été prise par la pâte du trasz avec une netteté et une délicatesse remarquables, et l'on peut déterminer les espèces comme sur des échantillons d'herbier. Les feuilles que l'on trouve le plus 'fréquetnment appartiennent au peuplier tremble (Populus treutulel, Lin.), si commun dans tous nos bois humides. On a trouvé également clans le trasz des insectes et des plumes d'oiseaux, mais ces débris animaux sont très-rares.