Annales des Mines (1869, série 6, volume 16) [Image 316]

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BULLETIN. BULLETIN. 602 Calabre ultérieure ; elles sont attribuées généralement aux Romains et même aux Étrusques. Les mines de la vallée d'Aoste datent des Romains et ont été, depuis le xur, siècle, exploitées presque sansinterruption par les habitants mêmes de cette vallée, en vertu des priviléges qui leur ont été octroyés à cette époque par les comtes de Savoie. Je me bornerai, pour rappeler l'importance des usines à fer de l'île d'Elbe, à mentionner ici le chiffre de sa production pour la totalité de la période quinquenale 1862-1867: il est de 411.056 tonneaux de minerai, dont 383. 170 ont été exportés à l'étranger. Gisement et nature du minerai. Les différents minerais de fer exploités en Italie peuvent être, au point de vue de leur nature et de leurs gisements, classés comme il suit: 10 Le minerai d'oxyde de fer, comprenant les fers oxydnlés et les fers oligistes. Les gisements de l'île d'Elbe appartiennent à cette 'catégorie, ainsi que ceux de Cogné dans la vallée d'Aoste et de Tebro dans la Valtelline. Plusieurs dépôts' de ce minerai sont également exploités depuis quelque temps en Sardaigne. 20 Le minerai de fer hydraté, qui se rencontre notamment à Penedoletto en Valtelline et à Pezzano dans l'Italie méridionale. 3° Le minerai de fer carbonaté peu manganésifère, qui se trouve en bancs dans les grès rouges du Trias. 4° Le minerai de fer carbonaté très-manganésifère, quel'on rencontre également en bancs dans les schistes argileux superposés aux grès rouges du trias. 50 Le minerai de fer carbonaté en filons dans les quartzites micacés de l'époque carbonifère. Nombre et production des mines. Des 45 mines de fer en activité, 29 appartiennent à la Lombardie, 8 au Piémont et 5 à la Toscane. La Sardaigne, les Calabres et l'Émilie se divisent les 3 autres. Les gisements abandonnés ou inexploités sont au nombre de 14 dont 5 situés en Piémont, où se trouve, en outre, une exploitation encore à l'état d'exploration. Le minerai extrait de ces mines s'est élevé, en m865, à 1.484.719 quintaux métriques, dont 316,996 quintaux métriques seulement selon les uns, et 55o.000 quintaux métriques selon les autres, ont été travaillés dans le pays; le reste a été exporté à l'étranger, et, on signale surtout la Toscane et la Sardaigne comme ayant pris une part considérable à cette exportation. La valeur de la totalité de ces extractions est de 2.055.640 francs, et l'on évalue le prix moyen du quintal métrique à mf05 en Lombardie, 1r,51 en Toscane et mr,67 en Piémont. La richesse moyenne

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du minerai est de 6o p. ion en Toscane, en Sardaigne, en Calabre et dans l'Émilie, de Cté p. loo en Lombardie et de 45 p. mou en Piémont.

Ouvriers mineurs. On emploie dans ces mines 2.212 ouvriers dont 524 enfants. La Lombardie, où tous les transports de minera se font en général à clos d'homme, absorbe la majeure partie de ce personnel. Les salaires sont peu élevés. Établissenzents métallurgiques. Ainsi que je l'ai déjà indiqué,

une partie du minerai brut est exportée; le reste est traité dans le pays, mais le développement de l'industrie métallurgique y est entièrement subordonné à la quantité de combustible que peuvent lui fournir annuellement les forêts italiennes. Les fontes produites sont d'ailleurs de différente nature, selon les minerais employés. Les unes, provenant des minerais carbonatés peu manganésiières des grès rouges du trias et des quartzites micacés de l'époque carbonifère, sont propres aux pièces moulées de première fusion et servent à faire des bombes , des pièces de machines, des tuyaux, etc.

Elles sont très-résistantes et peuvent donner de bons résultats dans la fabrication des grosses pièces d'artillerie et des boulets, et l'on aurait, en effet, expérimenté avec succès, à Gênes, des boulets de la fabrique Glisenti de Brescia fondus avec ce minerai. D'autres fontes (minerais de fer oxydé et hydraté) donnent des fers trèsdoux, et enfin les carbonates de fer très-manganésifères produisent des fontes propres à. la fabrication des aciers et des fers aciérés. .L'Italie ne compte pas, d'ailleurs, plus de 58 hauts fourneaux, produisant annuellement 22.000 tonneaux de fonte. L'industrie du fer en Italie paraît s'être beaucoup ressentie de l'abaissement des droits d'entrée, accordés par les traités de commerce aux fers étrangers ; en effet cette facilité nouvelle, jointe

aux bas prix des transports par mer et par voie ferrée, a causé dans la fabrication du fer et de l'acier italien un bouleversement, à la suite duquel la plus grande partie des anciennes fabriques de fer commun ont disparu. Plusieurs industriels italiens essayent aujourd'hui d'abandonner la production des fers communs, pour lesquels ils ne peuvent lutter avec la concurrence étrangère, et de la remplacer par la fabrication des fers spéciaux, pour lesquels ils n'ont pas encore trouvé cependant dés débouchés suffisants; ils cherchent, dans ce but, à perfectionner leur installation, et y ont introduit l'usage des fours à réverbère alimentés au charbon de bois, au bois et à la tourbe, dont les produits sont livrés sous différentes formes, telles que chaînes, fils de fer, cuirasses et surtout fers en lames pour fers à cheval, en ce qui concerne les fers sim-