Annales des Mines (1869, série 6, volume 16) [Image 305]

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RESSOURCES MINÉRALES

DE L'ARIÈGE.

en fer oxydé rouge, compacte ou affectant la cristallisation rhomboédrique. Le gisement est un minerai de transport, déposé dans les fentes verticales du calcaire qui forme au milieu des terres des axes d'enrichissements verticaux, continus en directions sur parfois plus de loo mètres du sud vers le nord; la puissance très-variable de ces axes est parfois comprise entre et 3 mètres.

nerai par petits puits verticaux de ou,80 à i mètre de diamètre au point où ces puits rencontraient des amas de minerai, étaient tracés des étages horizontaux d'exploitation qui s'avançaient plus ou moins loin suivant la richesse du minerai rencontré et la plus ou moins grande difficulté qu'on avait à. soutenir les terres ; on enlevait ainsi tout le minerai situé dans un rayon de i5 à 20 mètres pour aller ensuite fouiller par un puits de même nature les régions immédiatement voisines; les puits étaient soutenus par des

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En marchant de l'est à l'ouest par le chemin qui conduit de Serres à Alzein, on trouve dans l'ordre suivant les travaux de recherches et exploitations qui datent de 1863. illontredon. - Ces travaux sont situés sur la pente méridionale du coteau sur lequel repose Montredon, et un peu à l'ouest du ruisseau de ce nom. En ce point, est un puissant axe d'enrichissement de minerai, dirigé exactement du sud au nord, qui gravit le coteau de Montredon depuis sa base jusqu'à son sommet, et passe même un peu de l'autre côté sur son versant septentrional. L'affleurement est visible sur près de 200 mètres d'étendue, et une hauteur verticale de 5o mètres; la fente remplie de terres et minerai a une largeur variable de 30 à 50 mètres; le minerai est disposé à peu près au centre en axe allongé de à A mètres de puissance; sa dissémination au milieu des terres est des plus capricieuses; tantôt il est compacte presque pur, tantôt il contient plus de la moitié de son poids de terres, souvent encore s'appauvrit, se réduit à quelques blocs épars qui ne peuvent être utilisés qu'après lavage. Les premiers travaux exécutés vers 1862 en ce point consistent en tranchées suivies de galeries et descenderies plus ou moins profondes et irrégulières éboulées depuis longtemps; le mélange terre et minerai était assez bon et pouvait rendre moitié de son poids de matière utile. Sur le même axe, au sommet du coteau, ont été tentées des tranchées et galeries de plus de 50 mètres où le minerai un peu pyriteux était mélangé de terres stériles. L'exploitation par galeries fut bientôt abandonnée comme trop coûteuse et remplacée par des tranchées superficielles et abattages à ciel ouvert; toute la moitié inférieure de l'affleurement fut attaquée de cette façon par vastes excavations, atteignant parfois 20 mètres d'ouverture, an mètres de hauteuret 5 à 6 mètres de large; le minerai superficiel fut enlevé ; arrivé à une certaine profondeur, le soutenement des parois de la tranchée devenait presque impossible, et les chantiers étaient dangereux ; ce système d'exploitation fut de nouveau modifié; on pénétra dans l'axe du mi-

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rouets de branchages, suivant la méthode du Berry ; l'extraction se faisait par chevalet et treuil; cinq ou six puits de 15 à 20 mètres de profondeur furent foncés en 1866. Cette méthode d'exploitation donna de suite d'assez bons résul-

tats, mais on s'aperçut bientôt qu'avec le minerai, on tirait des terres pauvres en très-grande quantité, dont un lavage pouvait extraire le minerai vendable; on installa alors sur les lieux deux trommels ordinaires, cylindres laveurs, qui aidés par un petit courant d'eau firent trois catégories, minerai gros d'excellente qualité, minerai menu vendable, terres stériles rejetées aux anciens travaux ; dès lors le travail d'exploitation se réduisit à quelques puits peu profonds et surtout des tranchées superficielles sur les principaux affleurements ; le mélange de minerai et terres même très-pauvres donna au lavage d'excellents résultats économiques; le coût de l'extraction, y compris le lavage de la tonne de minerai, fut réduit à 4`,5o ou 5 francs, tandis qu'auparavant, par

les anciennes méthodes, il atteignait 7 et 8 francs. Le plateau d'Alzein possède des régions très-considérables, où des affleurements de mélange terres et minerai pourraient par lavage donner de bons résultats. Un peu à l'est de ce grand axe d'enrichissement de Montredon est une seconde fente dans les calcaires, parallèle, pouvant avoir 10 à 15 mètres de large et 50 à Lto mètres d'étendue du nord au sud; elle est l'empile de terres et beau minerai concentré en axe très-pur de puissance variable de i"'50 à 3 mètres; sur cet affleurement ont été exécutées des tranchées irrégulières. Le minerai de Montredon est principalement formé de fer hydroxyde compacte, il est parfois géodique et cristallin, mais dans ce cas il est toujours un peu quartzeux ; il contient assez fréquemment du fer oxydé rouge, provenant de carbonate décomposé, les parties superficielles sont parfois un peu pyriteuses ; en profon-

deur le minerai parait d'excellente qualité; il est généralement manganésifère ; sur ses délits, le manganèse argent est fréquemTOME XVI, 1869.

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