Annales des Mines (1865, série 6, volume 7) [Image 224]

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DRAINAGE DES LIQUIDES IMPURS.

INFECTION DU SOL.

citerons une particularité, assez répandue dans les villes belges, qui a été inspirée à la fois par le désir de faciliter le curage et d'utiliser les résidus solides. Tous les 5o ou

oci mètres, le radier de l'égout rencontre un puisard de 8o centimètres à i mètre de profondeur dans lequel les immondices se déposent (Pl. VIII). Une cheminée d'extraction est habituellement ménagée dans la chaussée au-dessus de chaque puisard. Les matières sont livrées aux agriculteurs. Une autre particularité, spéciale à certaines villes de Hollande, notamment la Haye, Amsterdam, consiste dans la transformation des rigoles de la rue en véritables petits égouts. Ces rigoles sont effectivement recouvertes de planches ou de briques sur toute leur longueur, et forment ainsi un caniveau souterrain continu, communiquant de distance en distance à l'égout proprement dit. Les eaux ménagères y arrivent sous le trottoir ; devant chaque maison une plaque mobile permet de curer une cuvette servant à retenir les résidus solides. La banlieue des grandes villes est entièrement dépourvue d'égouts publics. Ils sont également inconnus sous les routes et autres voies extrà muros.

Un détail bon à noter, car il n'est pas toujours réalisé dans des pays bien plus avancés, c'est que presque partout, en Belgique, en Prusse, en Hollande, les urinoirs publics sont mis en communication directe avec les égouts. Cette pratique est observée même dans les villes qui ont le plus à coeur de recueillir l'engrais humain. Quelquefois, mais

très-rarement, on reçoit les liquides dans des puisards spéciaux en maçonnerie. Le drainage privé oui' évacuation des matières domestiques se présente sous deux aspects bien tranchés. Deux écoles sont en présence : l'une, qui demande qu'on envoie aux égouts, non-seulemmit les eaux pluviales et ménagères, mais aussi

les matières fécales ; l'autre, qui veut retenir ces dernières, dans le but de protéger les cours d'eau et surtout de con-

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server un engrais précieux à l'agriculture. Bruxelles et Liège, en Belgique, Aix-la-Chapelle, en Prusse, sont à la tête de la première école ; diverses villes, parmi lesquelles Anvers, sont à la tête de la seconde. Ce dualisme se retrouve en Hollande, entre la région méridionale représentée par Amsterdam, la Haye, etc., et la région septentrionale, représentée par Groningue. Il est facile toutefois de constater que la première école gagne tous les jours du terrain. Elle a reçu dernièrement en Belgique une solennelle adhésion de la part du Conseil supérieur d'hygiène publique (*).

Le système définitif vers lequel on tend, d'une manière plus ou moins marquée, est donc le système anglais, ayant pour objet la suppression de tout dépôt d'ordures au sein des habitations. Le mode d'exécution est d'ailleurs sensiblement le même. C'est habituellement un conduit souterrain, partant de l'arrière-cour, et débouchant à l'égout public, après avoir reçu sur son parcours les branchements (*) Ce Conseil ayant été consulté par le Ministre de l'intérieur, sur la question des mesures à prendre pour recueillir les matières fertilisantes des habitations, a adopté, après un débat approfondi, les conclusions suivantes « 1" Dans l'intérêt de l'hygiène des villes, il est désirable que le « système d'évacuation qui assure l'écoulement continu des nia« tières fertilisantes provenant des habitations, reçoive une appli« cation de plus en plus générale, l'accumulation de ces matières « dans des fosses d'aisances, ainsi que la vidange et le transport « desdites matières, par quelque procédé qu'ils s'opèrent, ne pou« vant être que nuisible à la santé publique ; « 2' Il importe, pour la salubrité autant que pour l'agriculture, « que ces matières puissent être dirigées par des canaux souter« rains vers des réservoirs construits hors de l'enceinte des villes ; « 3" Dans les communes rurales où l'usage des fosses d'aisances « offre moins d'inconvénients, ainsi que dans les villes où cet usage « sera jugé devoir être maintenu ou généralisé, il y a lieu de provo« quer, par voie de mesures administratives, la mise en pratique « des réformes proposées dans le rapport adressé à la Chambre des « représentants, à la suite de l'enquête de 1853. » (Séances du 3i juillet, du S7 novembre et du u décembre 1869.)