Annales des Mines (1864, série 6, volume 6) [Image 252]

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REVUE DE GÉOLOGIE.

En 1835, M. De an e annonça à M. IIit ch c o ck qu'il avait découvert dans la vallée du Connecticut des traces de pas produites sans doute par des oiseaux. M. Hitchcock reconnut que ces empreintes montrent bien le même nombre d'articulations que l'on trouve uniquement chez les oiseaux, c'est-à-dire deux phalanges pour le pouce, trois pour le doigt interne, quatre pour le médian, cinq pour l'interne. D'après cela, il créa un certain nombre de types et de genres; toutefois l'existence des oiseaux dans le trias de la vallée du Connecticut n'est pas encore un fait empiétement acquis à la science, et des doutes sont restés dans l'esprit de beaucoup de naturalistes. La découverte d'un oiseau fossile dans les calcaires jurassiques de Solenhofen leur donna aussi quelque embarras, à cause de l'étrangeté de ses caractères ostéologiques. En i86i, M. Herman de Meyer annonça la découverte, dans les schistes lithographiques, d'une empreinte de plume; il attribua l'animal qui la portait à une espèce qu'il nomma Archceopterix lithographica. Ce remarquable fossile fut acquis par le British Museum, et M. Owen en a fait une description nouvelle dans le Journal de la Société royale de Londres (1). On aperçoit très-bien les pattes post érieures , la presque totalité des membres antérieurs, ainsi qu'une partie du bassin ; ce

dernier donne naissance à un prolongement caudal, tout à fait extraordinaire, qui est formé de vingt vertèbres et porte une paire de plumes. Par sa queue, le fossile de Solenhofen diffère de tous les oiseaux connus; mais par le reste de sa conformation, lise rappro-

che complètement de cette classe de vertébrés. L'Archopterix peut être considéré comme un représentant de l'état embryonnaire des oiseaux; ainsi se confirmerait, pour les oiseaux, une idée profonde suggérée à M. Agassiz par l'étude des poissons. Dans le terrain crétacé, on n'a trouvé que bien peu de restes authentiques d'oiseaux: à l'époque tertiaire, cette classe offre au contraire de nombreux représentants, toutefois peu d'espèces ont été l'objet d'études sérieuses. On trouvera dans le mé,moire deM. Al ph. Mime E dwar d s une nomenclature complète de toutes les découvertes faites dans les terrains tertiaires, et dans les terrains modernes. Il résulte de ces découvertes que les oiseaux des terrains miocènes ne différaient que peu de ceux de notre époque. Cependant quelques familles, telles que celle des Phenicopterid, qui ne comptent plus qu'un petit nombre de représentants, étaient alors

TERRAINS.

nombreuses en genres et en espèces. A l'épociue quaternaire, toute la faune ornithologique s'est montrée, et les espèces retrouvons pas ont probablement été détruites par que nous ne l'homme. M. A lp h. Mil n e-E d wards (î) continue également ses études sur les crustacés fossiles, et il a donné la description des Cancériens de la famille desXanthides ainsi que des Cancérides. Parmi les premiers, le genre Xanthopsis paraît caractéristique de l'époque éocène ; on en trouve des représentants clans l'argile de Londres, dans le bassin parisien, dans le terrain

nummulitique de la France

et de l'Allemagne ; aucune espèce ne paraît avoir vécu pendant la période miocène. Le genre Xanthosis se trouve dansle Greensand

et prouve une fois de plus que les crustacés supérieurs se sont montrés

longtemps avant l'époque tertiaire. L'existence du genre Caloxanthus dans le grès vert de la Sarthe confirme encore ce fait. Le genre Titanocarcinus comprend des espèces crétacées à côté d'espèces tertiaires. Parmi les Cancérides, il en est de tertiaires qui même genre que le Cancer pagurus ou Tourteau se rapportent au de nos côtes, et il en est d'autres, propres au terrain nummulitique d'Égypte, qui constituent le genre éteint Lobocarcinus, remarquable par ses formes extérieures. Enfin, indiquons encore un catalogue systématique collection paléontologique du Musée Teyler qui est de la belle publié à Harlem par M. T. C. Wink ler. Ouvrages anglais. La Société paléontographique de Londres poursuit activement ses travaux. Voici les en voie de publication ou de préparation monographies qui sont Les Plantes houillères, par M. le professeur Morris. Les Foraminifères du Crag, par MM. Rupert Jon es et Parker. Les Foraminifères de la craie, par les mêmes auteurs. Les Graptolites, par M. Wyville Thomson, Les Échinodermes du Jura et de la craie, par M. Wright, Les Entomostracés du Jura, du Purbeck et du Weald, par M. RU-

port Jones.

Les Trilobites du calcaire de montagne, du dévonien et du silu-

rien, par M. Salter.

Les Polyzoaires de la craie, par M. Bus k. Les Brachiopodes dévoniens et siluriens, par M. D a vid so n. Les Mollusques éocènes, univalves et bivalves, par MM. E d-

wards et Wood. (1) Proteed. Roy. Soc., 1862, t. XII, p. 272.

(t) Annales des sciences nalur. Zoologie, [4], t. XX, p.

273, et [6], I. Iy P. 1 (D)