Annales des Mines (1863, série 6, volume 4) [Image 151]

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ÉTUDES SUR L'ACIER.

sert de base à une fabrication industrielle régulière, est certainement un des plus remarquables parmi ceux qui se sont présentés en métallurgie dans ces derniers temps. Il prouve que si l'on a quelque chance d'améliorer la nature des-produits retirés jusqu'à présent des minerais, c'est sur la composition du lit de fusion du haut fourneau qu'il faut opérer, comme j'ai déjà été conduit à l'indiquer par d'autres considérations. Le manganèse est, en outre, considéré comme donnant du corps à l'acier : cette expression consacrée signifie qu'en présence du manganèse les criques, souillures, taches, etc., manifestations sensibles d'une diminution de résistance ou d'une disparution de soudabilité provenant d'actions partielles de l'oxygène se produisent beaucoup moins. Le manganèse est employé dans la fabrication de l'acier, comme

je viens de le dire, à l'état de mélange de peroxyde et de carbone, à moins que le peroxyde ne soit employé seul pour adoucir des aciers très-carburés ; ce mélange, outre qu'il

donne de l'oxyde de carbone, peut avoir pour résultat de produire du manganèse métallique qui se dissout dans le fer et l'acier et y. favorise la combinaison du carbone. Mais de plus, une fois ce métal entré dans l'alliage, comme il n'a pas lui-même, lorsqu'il ne dépasse pas certaines quantités, de mauvaises propriétés, le fer ou l'acier fondu se trouvent protégés non-seulement par l'oxyde de carbone, mais encore par un métal très-oxydable, et toutes les fois que les mani-

pulations ou le travail exposeraient l'acier liquide à une action oxydante locale, le manganèse peut se brûler en préservant l'acier ; il donne donc du corps par un mm en indirect, en préservant des causes qui le détruisent; et, chaque fois qu'il est appelé à intervenir, il se scorifie et disparaît, ce qui confirme, ce que l'on sait, que le manganèse si souvent abondant dans les minerais ou ajouté dans les manipulations se retrouve dans les produits définitifs en faible quantité et parfois même ne parait phis y exister.

ÉTUDES SUR L'ACIER.

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Pénétration et présence des gaz dans les aciers chauffés et solides.

L'absorption du gaz oxyde de carbone par le fer et les résultats obtenus dans la cémentation constituent une série de faits bien connus : je ne pourrais, pour les rappeler en détail, que reproduire les explications données par M. Le Play, soit dans ses mémoires publiés, soit dans ses leçons à l'École des mines, car on est toujours ramené aux travaux

de ce savant ingénieur dès que l'on doit reprendre les questions fondamentales relatives à l'acier. La pénétration du fer pour l'oxyde de carbone est complète dans la cémentation ; elle exige, il est vrai, un certain temps pour produire tout son effet; mais elle se manifeste

par un changement dans la nature du fer cémenté qui se produit aussi bien dans les parties profondes des barres qu'a leur surface, si le temps est suffisant. Le grain du fer disparaît; il est remplacé par un grain moins brillant dénotant un commencement d'état cristallin qui, si la cémentation est poussée assez loin, rappelle celui de la fonte blanche

cristalline. Les ampoules et boursouflures qui se trouvent dans les barres et à leur surface prouvent que l'action chimique est accompagnée d'une action physique puissante. Si l'on n'admet pas la pénétration directe du gaz, il faut avoir. recours au véhicule d'une chaîne de molécules solides transmettant de proche en proche sans interprétation possible l'action de l'oxyde de carbone agissant seulement à l'extérieur; si, au contraire, on reconnaît la pénétration de ce gaz, on comprend avec la plus grande facilité le résultat qui se produit sur la masse ferreuse aussi bien au centre qu' à la surface, quoique sensiblement du dehors au dedans. Le transport du carbone a lieu en effet par l'oxyde de carbone à l'aide de combinaisons suivies de décompositions successives : le gaz étant, d'un côté, en communication avec