Annales des Mines (1863, série 6, volume 4) [Image 86]

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fondeur ), utilisé pour l'extraction pendant le jour et pour l'épuisement pendant la nuit. 3° Le puits Terrèt (vertical, i8o mètres de profondeur); l'un des câbles sert à l'épuisement, l'autre à l'extraction. On a installé en outre, à côté de la lampisterie, un passage pour les ouvriers. C'est une galerie relevée dans les anciens travaux à laquelle aboutit une descente coudée, venant rejoindre le premier niVeau de l' exploitation , et communiquant de là avec toutes les parties de la mine.

L'exploitation des mines de Lalle se fait par galeries plates espacées de io mètres, suivant l'inclinaison de la couche, et par des remontées à demi-pente, espacées généralement de 2o mètres. On découpe ainsi la couche en piliers qu'on enlève ultérieurement. Trois niveaux principaux sont établis ; dans chacun d'eux, on a poussé un travers banc pour mettre en communication les diverses couches ; c'est là que se fait le roulage. Les charbons des chantiers supérieurs descendent aux voies de

roulage par des couloirs très-rapides, et ceux des chantiers inférieurs remontent par le moyen de treuils. Le premier niveau, celui du travers banc supérieur, est à une profondeur de 5o mètres environ au-dessous de l'orifice du puits Sainte- Hortense ; il sert à l'exploitation des parties supérieures des couches depuis cette profondeur jusqu'aux

vieux travaux qui existent généralement au niveau de la rivière la Cèze. Le deuxième niveau, celui du travers banc moyen, est à

la profondeur de 8o mètres ; c'est entre ces deux niveaux que les travaux sont surtout développés. Le traçage du charbon par piliers est effectué, et les dépilages se font en plusieurs points.

Le troisième niveau, celui du travers banc inférieur, correspond au fond du puits Terrèt, à la profondeur de mètres. Une hauteur verticale de ioo mètres sépare ce niveau du précédent. Le champ d'exploitation compris entre 18o

TRAVAUX DE SAUVETAGE.

CATASTROPHE DES MINES DE LAUE (G-AR1)

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les deux niveaux est en voie d'aménagement-, mais les travaux n'ont encore de l'importance que dans la grande couche n° i et surtout n° 2. Les futurs dépilages des mines de Lalle exigent l'emploi des remblais venus du jour ; dans ce but, les ingénieurs chargés de diriger l'exploitation avaient le projet d'ouvrir un plan incliné pour l'introduction des remblais. L'emplacement choisi X, était celui par où les eaux ont fait effondrer le terrain et pénétré dans la mine Le puits devait être établi en poussant de l'intérieur de la couche du Tri-de-Chaux une remontée R suivant l'inclinaison de la couche; les remblais devaient être distribués aux divers chantiers par des traverses horizontales et des couloirs. On comptait employer pour cet usage les laitiers des hauts fourneaux de Basséges. L'éxtraction annuelle

des mines de Lalle était de

tonnes environ ; la quantité d'eau moyenne à épuiser en temps ordinaire est de 600 à 7oo mètres cubes par vingt-quatre heures. Telles étaient les conditions générales de l'exploitation le vendredi 1 1 octobre 1861, jour de la catastrophe. Dans l'après-midi, vers trois heures et demie, à la suite d'une pluie torrentielle, les eaux de la Cèze, celles de son affluent, le ruisseau de Long, et celles du ravin de Castellas, ordinairement desséché, gonflèrent d'une manière presque 'subite ; la crue de la Cèze atteignit le niveau de 4 mètres au-dessus de l'étiage, égal à celui de l'inondation de 1857; les eaux des ruisseaux de Long et du Castellas débordèrent ; refoulées par le courant de la Cèze, qui forme à Lalle un 45,000

coude prononcé, elles s'épanchèrent en nappe sur la rive gauche du Long. Tout d'un coup l'eau tourbillonna .au point X, et se précipita tumultueusement dans la mine par une ouverture de 3 à 4 mètres quarrés qui venait de se faire sur l'affleurement de la couche du Tri-de-Chaux. L'ingénieur Courroux et le maître mineur Martin Dagasso,