Annales des Mines (1857, série 5, volume 11) [Image 138]

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nc L'EMPLOI DES PROPRIÉTÉS OPTIQUES

axes d'élasticité optique ; si la coïncidence a lieu avec l'axe de plus petite élasticité, on peut, pour abréger, dire que le cristal est attractif ou positif. Si la coïnci-

dence a lieu avec l'axe de plus grande élasticité, le cristal sera répulsif ou négatif. Les recherches, qui font l'objet de ce mémoire, ont pour but de montrer que la détermination précise du caractère optique de l'axe unique des cristaux à un axe,

ou de la bissectrice des cristaux à deux axes, peut fournir à la minéralogie un élément précieux pour assurer la réunion ou la séparation de certaines espèces, lorsque l'étude cristallographique et chimique laisse cette réunion ou cette séparation incertaine elles confirment aussi ce fait, déjà annoncé par M. de Sénarmont (1), que des corps chimiquement et géométriquement isomorphes peuvent très-bien offrir des propriétés optiques opposées. il en résulte, pour l'espèce minéralogique, une définition un peu différente de celle qui était adoptée jusqu'ici, de sorte qu'un certain nombre d'espèces anciennes devront désormais être considérées comme formant plutôt des groupes ou familles.

La véritable espèce simple ne doit en effet comprendre , selon moi, que les individus dont tous les caractères chimiques, cristallographiques et optiques sont semblables : le groupe ou la famille se composera, au contraire, des individus ayant la même forme cris-

talline, mais dont la composition chimique offre des variations soumises aux lois de l'isomorphisme, et dont les propriétés optiques biréfringentes peuvent se manifester avec des signes contraires. (,) Recherches sur les propriétés optiques biréfringentes des corps isomorphes (Annales de chimie et de physique, t. XXXlif, P. 391.)

DIRÉÉRINGENTES EN MINÉRALOGIE.

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Ces définitions restreignent nécessairement beaucoup

le nombre des espèces naturelles, et il ne saurait en être autrement; car la nature ne s'astreint pas aux précautions que nous avons l'habitude de prendre dans nos laboratoires, et les minéraux sont soumis, pendant

leur formation, à une foule d'influences que nous sommes loin de connaître exactement. Ces influences doivent certainement produire des composés hybrides dont nous ne savons presque jamais distinguer les éléments parasites. La synthèse seule pourrait fournir le produit simple dégagé de toutes ses parties hétérogènes, et les travaux, entrepris depuis quelques années dans cette voie, nous ont déjà enrichis de données précieuses; mais en général, lorsqu'on prend les minéraux tout formés, on ne parvient guère à les ranger qu'en groupes, dans lesquels l'isomorphisme , tel que l'a défini M. Mitscherlich, joue le principal rôle. C'est ainsi que nous avons le groupe des grenats, celui des pyroxènes, celui des amphiboles, celui des micas, celui des topazes, celui des tourmalines, celui des apophyllites , celui 121Q orthoses, etc.

Les différences que présentent entre eux les divers membres d'un même groupe peuvent être de plusieurs sortes ; ainsi, tandis que dans le diopside et r augite, c'est surtout la composition chimique qui éprouve les plus grandes variations, les individus du groupe Mica offrent à la fois des compositions et des propriétés optiques dissemblables ; et pour les apophyllitcs , c'est

seulement le caractère optique qui jusqu'ici ne s'est pas montré constant. Des recherches ultérieures rattacheront sans doute cette inconstance à des différences dans la constitution chimique de ces corps. On sait que depuis longtemps le docteur Brewster., sir John Herschel et M. Biot ont signalé plusieurs par-