Annales des Mines (1853, série 5, volume 4) [Image 259]

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RAPPORT SUR UNE MACHINE

d'un grand nombre de tuyaux métalliques juxtaposés et à parois minces, appelé caléfacteur. L'air chaud sortant de la machine, après avoir agi sur un piston s'écoulait par la moitié de ces tuyaux, en même temps que l'air qui devait agir, dans la période de mouvement

suivante, entrait par les autres tuyaux contigus et entremêlés avec les premiers ; les courants d'air entrant et sortant étaient ainsi subdivisés en plusieurs courants à sections transversales de petites dimensions, et qui, durant leurs trajets en sens inverse dans les deux séries de tubes du caléfacteur, n'étaient séparés l'un de l'autre que par des cloisons métalliques minces. L'air échauffé

devait donc céder, à sa sortie, une grande partie de sa chaleur à l'air froid, qui allait le remplacer dans la machine. MM. James Stirling, de Dundee, ingénieur, et Robert Stirling, docteur en théologie à Galston , dans l'Ayr-

shire , ont pris, vers la fin de l'année 184o ou au commencement de 184 i , une patente pour des machines à air chaud ; un extrait de la spécification a été inséré dans le volume XXXIV , avril f 84 i , du Mecltanics' Magazine

de Londres. Les détails donnés dans le journal anglais sont très-confus et difficilement intelligibles ; toutefois il est clairement expliqué que l'appareil de MM. James et Robert Sterling consiste essentiellement en une capacité fermée en fonte, dans l'intérieur de laquelle se meut un refouloir, qui la remplit aux 5)6. L'une des extrémités de cette capacité est chauffée : l'autre est maintenue à une basse température. Lorsque le refouloir est poussé vers l'extrémité froide, l'air contenu dans la capacité se porte vers l'extrémité chaude, en passant à travers un grand nombre de feuilles métalliques minces, qui

sont placées dans une boîte particulière, unie à la

première capacité par des tuyaux de communication,

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ENVOYÉE AU HAVRE PAR M. ERICSSON.

et qui reçoit aussi l'action du foyer. Lorsque, au contraire, le refouloir est poussé vers l'extrémité chauffée, l'air échauffé passe vers l'extrémité opposée, en traversant en sens inverse le même système de feuilles métalliques, et en passant sur un appareil réfrigérant, formé

de plusieurs rangées de petits tuyaux en cuivre où circule de l'eau. Un appareil de ce genre étant adapté à

chacune des extrémités du cylindre travaillant d'une machine à air, produira le mouvement, par suite des expansions et condensations alternatives de l'air qu'il renferme, occasionnées par les déplacements alternatifs des deux refouloirs en sens inverse l'un de l'autre. Les auteurs réclament comme leur invention, entre autres choses, la construction de machines à air dans lesquelles l'air, en allant de l'extrémité échauffée du réservoir à l'extrémité froide, traverse d'abord un système

étendu de surfaces auxquelles il cède de la chaleur, et ensuite un appareil réfrigérant à grande surface, maintenu à une basse température par des courants fluides, et où l'air, en revenant de l'extrémité froide à l'extrémité chauffée du réservoir, traverse le même système de surfaces, sur lesquelles il reprend de la chaleur. M. Franchot , dans un mémoire présenté à l'Aca-

démie des sciences le 10 août 1840, a donné la des-

cription d'une machine qu'il avait exécutée et essayée sur de petites dimensions, et qui offre beaucoup d'analogie avec l'appareil de MM. Stirling. Elle se com-

pose de deux capacités cylindriques, dont les extrémités opposées sont maintenues à des températures distantes entre elles de 25o à 3oo degrés; des refouloirs mobiles clans ces capacités, obligent, par leurs dé-

placements alternatifs, l'air qu'elles renferment à se porter de l'extrémité froide à l'extrémité chaude et TOME IV, 1853.

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