Annales des Mines (1853, série 5, volume 4) [Image 25]

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SUR LES CHALEURS SPÉCIFIQUES

DES FLUIDES ÉLASTIQUES.

la vapeur à son entrée est, d'après mes expériences, de 655 unités environ ; celle qu'elle retient à sa sortie est de 657. D'après la théorie que j'expose, la quan-

dans une seconde machine, où elle se détend jusqu'à la force élastique où l'eau d'injection peut pratiquement l'amener dans le condenseur, une portion de la chaleur est tranformée en travail moteur ; et le calcul, fondé sur les données numériques de mes expériences, montre que cette quantité est beaucoup plus grande que celle que l'on aurait pu obtenir par une détente plus considérable de la vapeur d'eau dans la première machine. De cette manière on s'explique parfaitement le résultat économique que l'on peut obtenir de deux machines accouplées, l'une à vapeur d'eau, l'autre à

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tité de chaleur utilisée pour le travail mécanique serait

653-- 657 = 16 unités, c'est-à-dire seulement

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de la quantité de chaleur donnée à la chaudière. Dans une machine à condensation recevant de la vapeur saturée à 5 atmosphères et dont le condenseur présenterait constamment une force élastique de 55 millimè-

tres de mercure, la quantité de chaleur de la vapeur entrante serait de 655 unités, et celle que la vapeur possède au moment de la condensation, c'est-à-dire oit elle est perdue pour l'action mécanique , est de 619 unités. La chaleur utilisée serait de 54 unités, un peu plus que 1/20 de la chaleur donnée à la chaudière.

On obtiendra une plus grande fraction de chaleur utilisée pour le travail mécanique, soit en suréchauffaut la vapeur avant son entrée dans la machine, soit en abaissant autant que possible la température de la condensation. Mais ce dernier moyen est difficile à réa-

liser en pratique ; il forcerait d'ailleurs à augmenter considérablement la quantité d'eau froide destinée à opérer la condensation , ce qui dépense du travail moteur, et l'on ne pourrait fournir à l'alimentation de la chaudière que de l'eau très-peu échauffée. On arrivera plus facilement au même but en faisant subir une détente moindre à la vapeur d'eau dans la machine et en condensant cette vapeur par l'injection d'un liquide très-volatil, comme l'éther ou le chloroforme. La chaleur possédée par la vapeur d'eau au moment de cette condensation, et dont une très-petite portion seulement aurait pu être transformée en travail mécanique, passe dans le liquide plus volatil , qu'elle transforme en vapeur sous haute pression. En faisant passer cette vapeur

vapeur d'éther ou de chloroforme, sur lesquelles on fait des expériences depuis quelque temps. Dans les machines à air, où la force motrice est produite par la dilatation que la chaleur fait subir au gaz dans la machine, ou par l'augmentation qu'elle détermine dans sa force élastique, le travail moteur produit à chaque coup de piston serait toujours proportionnel à la différence des quantités de chaleur possédées par l'air

entrant et par l'air sortant, c'est-à-dire, en définitive, à la perte de chaleur que fait l'air en traversant la machine. Mais, comme dans le système d'Ericsson, la cha-

leur que possède l'air sortant vient se déposer sur des corps auxquels le nouvel air entrant l'enlève pour la reporter dans la machine, on voit que, théoriquement, dans ces dernières machines, toute la chaleur dépensée est utilisée pour le travail moteur, tandis que dans la meilleure machine à vapeur d'eau la chaleur utilisée pour le travail mécanique n'est pas le 1/2o de la chaleur dépensée. Il est bien entendu que je néglige ici toutes les pertes extérieures , ainsi que les obstacles mécaniques ou industriels qui peuvent se présenter dans la pratique. MM. Joule , Thomson et Rankine en Angleterre