Annales des Mines (1851, série 4, volume 19) [Image 44]

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MINERAIS DE FER EN GRAINS

DE LA FRANCHE-COMTÉ ET DU BERRI.

minerai ontété empâtés, lors de la consolidation de ces nodules. Ce carbonate a formé également le ciment des agglomérats de grains de minerai, auxquels on donne le nom de greluches. Quelques sources tenaient en dissolution, avec l'acide carbonique , un peu d'acide hydrosulfurique qui, en se dégageant, a converti en sulfure le peroxyde de fer déjà déposé, transfor-

débris calcaires ont produit, par leur agglomération, les conglomérats appelés castillot ou jaunet en Franche -Comté , et castillard dans le Berri et lorsque leurs éléments ont été réunis par le carbonate de chaux que les sources minérales conti-

mation de laquelle sont résultés ces rognons, ces petites boules et ces grains sphéroïdaux de fer sulfuré, que l'on rencontre dans quelques gîtes.

Le sable dont les grains de minerai de fer sont entremêlés dans quelques localités, et les couches de sable qui recouvrent certains gîtes, se sont déposés dans les lacs d'eau douce, pendant ou après la formation des grains de minerai.

L'argile dans laquelle sont disséminés les grains de minerai, et les couches argileuses dont sont recouverts les gîtes, se sont également déposées pendant ou après la formation des grains de minerai. Le carbonate de chaux qui se séparait encore des eaux minérales dans certaines localités, pendant que l'argile tenue en suspension dans l'eau des lacs

se précipitait, a produit l'endurcissement de 'ces argiles renfermant des grains de minerai, que l'on nomme grabon en Franche-Comté, et conrozté dans le Berri. I. Les torrents qui affluaient dans les lacs, ont charrié et accumulé dans quelques localités, audessus des gîtes de minerai, des débris calcaires à surfaces, plus ou moins arrondies, provenant des roches jurassiques ou tertiaires qui avaient été corrodées par les eaux minérales et thermales. Ces

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nuaient de déposer, ces conglomérats se sont transformés en poudingues, dans le ciment desquels des grains de minerai ont été empâtés, comme dans les nodules calcaires qui sont disséminés dans les gîtes.

Les eaux des lacs, acidulées par l'acide carbonique qui se dégageait des sources minérales et thermales, ont ramolli à leur surface les fragments ou cailloux calcaires dont sont composés les conglomérats, et c'est, par suite de ce ramollissement, que les grains de minerai, empâtés dans le ciment

des poudingues, ont formé des empreintes sur les fragments ou cailloux calcaires, et que d'autres concavités y ont éte prod-uites par les fragments eux-mêmes, qui ont pu pénétrer les uns dans les autres sur plusieurs millimètres de profondeur.

Des grains de minerai de fer se formaient encore pendant que le calcaire tertiaire lacustre, qui recouvre certains gîtes, se déposait dans les lacs d'eau douce, de telle sorte qne ce calcaire a pu empâter quelques-uns de ces grains, ce qui a donné naissance au calcaire tertiaire avec grains de minerai, appelé roc-mineux dans le Berri. Le dépôt des couches supérieures du terrain lacustre, dans lequel ont été ensevelies un grand nombre de coquilles d'eau douce, a terminé la série des divers dépôts dont se compose la formation tertiaire à laquelle appartiennent les gîtes de minerai de fer en grains de la Franche-Comté et du Berri.