Annales des Mines (1849, série 4, volume 16) [Image 173]

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Masse de la

roche.

DIORITE DU PONTJEAN. 344 'L'amphibole actinote et lefe ldspath labrador, qui sont les minéraux constituants de la diorite du Pont-Jean, ont leurs cristaux qui se fondent souvent dans une peite feldspathique non cristalline,

ayant une couleur verte plus pâle que celle de l'amphibole, mais dont la composition chimique doit être intermédiaire entre celle de l'amphibole

et celle du feldspath , sans qu'on puisse la rapporter soit à l'un, soit à l'autre de ces mméraux.Sa composition se rapproche cependant beaucou p de celle du feldspath.

L'amphibole, lefildspath et la pdte feldspa-

thique, associés en proportion très-variable, forment la masse de la roche. On remarque souvent que le feldspath forme de petites veines disséminées dans la roche. Ainsi que cela a lieu dans l'euphotide d'Odern qui vient d'être

décrite, l'amphibole et le fildspath semblent du reste s'être développés suivant des espèces de stock-

werks ou de filons très-irréguliers qui traversent et qui pénètrent la pâte dans tous les sens; il en résulte que la structure d'agrégation de la roche est extrêmement inégale, et c'est une particularité qui est habituelle aux diorites et en général aux roches dans lesquelles il y a beaucoup d'amphibole.

De même que dans toutes les roches à base d'amphibole qui ont peu de fer oxydulé , le pouvoir magnétique de la diorite que nous étudions

est très-faible, et pour un échantillon du PontJean, j'ai trouvé qu'il était seulement de...55 (1). J'ai déterminé la perte au feu d'un échantillon de diorite qui se trouve en blocs erratiques au haut du Them , entre Servance et Château-Lam(1) Annales des mines, le° série, t. XV. Sur le pouvoir magnétique des roches, Roches amphiboliques.

DIORITE DU PONTJEAN.

345 bert , et qui provient des gisements des environs

du Thillot : il a une belle couleur verte, et il appartient à la variété de diorite qu'on désigne plus généralement sous le nom d'amphibolite. J'ai trouvé pour sa perte au feu... 1,54 p. I oo.

D'après cela, si l'on admet qu'il soit formé

seulement d'amphibole verte et de feldspath verdâtre, ce qui est à peu près vrai, sa structure cristalline étant très-développée, il est facile de calculer, d'après les pertes obtenues pour ces deux minéraux, qu'il contient 53 de Je ldspath et seulement 47 p. o/o d'amphibole. Comme la pdte filcispatitique donne à peu près la même perte que le feldspath, la proportion d'amphibole ne saurait d'ailleurs être bien supérieure à celle qui vient d'être obtenue; d'après l'aspect de la roche, on serait cependant porté à croire que l'amphibole est de beaucoup le minéral do-

minant. La couleur verte de la pâte feldspathique paraît

du reste lui être donnée, au moins en partie, par une espèce de chlorite ou de terre verte qui a la méme nuance que l'amphibole; il est très-difficile de la distinguer avant calcination ; mais après calcination on reconnaît quelquefois, à l'aide de la loupe, qu'elle forme de petites paillettes brunclair à éclat bronzé. D'ailleurs, en faisant bouillir un fragment de la roche avec l'acide. chlorhydrique, j'ai constaté qu'il se décolorait presque compiétement , et que les cristaux d'amphibole restaient inattaqués , se détachant alors d'une manière très-nette; la coloration verte de la pâte était donc due non-seulement à ]'amphibole, mais encore à cette espèce de chlorite de laquelle je viens de parler, laquelle est attaquable par les acides. J'ai fait bouillir un fragment de la diorite