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Lettre sur une séance de l’Académie concernant l’île de Ténériffe. Discussion des mérites de MM Buch et Berthollet ; brouillon

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Tel paraît avoir été aussi, à-peu-près, le sentiment de MM. les Rapporteurs, car, en s'élevant fortement contre tout ce qui dans les travaux de M. de Buch leur semble sujet à contestation, ils ont émis dans tout le cours du rapport un grand nombre d'idées dont la ressemblance avec celles de M. de Buch est assez grande pour qu'on puisse se croire fondé à regretter qu'ils ne l'aient pas fait remarquer ; sauf l'emploi de certaines expressions, ils me paraissent avoir réellement admis presque tous ceux des résultats de M. de Buch qui se rattachent aux Iles Canaries. M. Cordier, dans la relation de son ascension sur le pic, donnait en 1803 un tableau de la structure de Ténériffe, dont je me fait avant tout un devoir de transcrire littéralement la partie la plus remarquable : "Les laves modernes, dit M. Cordier, ont jailli au milieu des ruines d'un ancien système de déjections beaucoup plus anciennes, dont les immenses lambeaux forment la charpente de l'île et soutiennent le plateau sur lequel le pic s'est élevé ; leurs plus grands escarpements tournés vers sa cîme s'élèvent à plus de 300 toises au-dessus de tous les nouveaux produits. Leurs flancs déchirés présentent une série de couches épaisses plongeant presque toutes vers la mer et composées alternativement de cendres, de sables volcaniques, de pierres-ponces, de laves souvent prismatiques, de laves poreuses et de scories. Une quantité vraiment innombrable de nouveaux courants des cendres du pic au sortis de ses flancs dessinent un infinité de sillons irréguliers qui contournent ou cotoyent ces masses antiques et se perdent à la mer du côté de l'Ouest." Ces premiers aperçus sont en quelque sorte résumés par MM. les Rapporteurs lorsqu'ils disent que dans les volcans brûlants les choses changent naturellement de forme et d'aspect ; mais ils les dépassent de bien loin lorsqu'ils disent, en parlant du pic, que c'est par lui et pour lui que l'île en quelque façon semble avoir jailli du sein des mers; qu'on peut se représenter en idée les flancs minés de la fournaise, comme le couvercle d'un alambic démesuré ; lorsqu'ils