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Annales des Mines (1907, série 10, volume 12)

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ÉTUDE

SUR L'INDUSTRIE

DU

FER

la Compagnie des chemins de fer de l'Est a établi à Mohon des ateliers affectés à l'entretien du matériel, ainsi qu'à la construction de certains lots de wagons à marchandises. Dans une étude très détaillée, publiée dans la Revtie de Mécanique (décembre 1902), M. Tolmer, ingénieur des Ateliers de Mohon, a exposé avec une netteté remarquable la confection des ferrures de wagons. Nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer à cette étude pour ce qui concerne la technique de la forge. Pour ce qui est de la vallée de la Meuse, nous allons •exposer d'abord la situation générale des ateliers de forges et la situation actuelle de cette industrie ; puis nous étudierons, avec les conditions économiques de la population, la grève des ouvriers de Nouzon en 1902 ; nous terminerons le chapitre de la forge par la description des principaux ateliers delà région. Situation générale des ateliers de forges. — Nouzon constitue, avec les écarts de la Forge et de la Cachette, un centre ouvrier de première importance, où domine essentiellement l'élément forgeron. Nous citerons comme étant les firmes les plus importantes de la région : A Nouzon : Hardy-Capitaine ; Thomé-Genot ; V ve Soret ; Genot-Clairdent; Dauxin. A Charleville : Demangel (manufacture ardennaise d'estampage), Martinet (manufacture de ferrures du NordEst), Jubert (forges et boulonneries de Charleville) ; A Mézières : Maurice Dérué (forges de Mézières) ; A Braux-Levrézy : la Manufacture ardennaise et les Boulonneries de Bogny (annexes de Levrézy). A côté de ces grandes usines qui traitent directement avec les Compagnies ou les constructeurs, il existe une quantité de petits fabricants qu'on peut diviser eux-mêmes

DANS

LES

ARDENNES

FRANÇAISES

'£6

en deux classes : d'une part, les sous-traitants, occupant un petit nombre d'ouvriers et se chargeant de la confection des petites ferrures ; d'autre part, les ouvriers qui travaillent à leur compte, et qui, tout en étant eux-mêmes des sous-traitants de la catégorie précédente, livrent au commerce un.Î variété infinie de produits métallurgiques, tels que pièces de vélocipèdes, articles de bâtiments, pelles, pioches, pincettes, chenêts, paumelles, casse-noisettes, etc. D'une façon générale, le prix de vente des pièces de forge est essentiellement variable ; la raison en est dans l'irrégularité des commandes ; les Compagnies de chemins de fer restent parfois plusieurs mois sans rien commander, et subitement les usines sont débordées de travail ; il en est de même pour l'artillerie, et cet état de choses est tout à fait défavorable à la bonne marche des usines. Les ouvriers employés dans les forges de Nouzon et des environs sont pour la plupart français ; on trouve cependant quelques Belges. Robuste et bien constitué, le forgeron travaille avec un ou deux frappeurs, un chauffeur et unpilonnier ; il est généralement payé à la tâche, avec un salaire minimum de journée, comme nous le verrons dans l'étude de la grève de 1902. Un forgeron gagne de 9 à 13 francs par jour ; un chauffeur, de 7 à 8 francs; un ajusteur ou un tourneur, 7 francs; et la paie minimum d'un manœuvre est encore de 4 francs. Il convient de signaler la difficulté toujours croissante de recruter des forgerons. Aussi les usines des Ardennes sont-elles arrivées, dans ces derniers temps, à un chiffre de production qu'il leur est impossible de dépasser, faute de personnel. Une grave conséquence de ce fait, c'est que les constructeurs, ne pouvant obtenir livraison des ferrures commandées, envisagent dès maintenant la fabrication de ces ferrures par eux-mêmes. Il est à craindre qu'un tel