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Journal des Mines (1809, volume 26)

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SUR LES SABLES, GRAVIERS

émoussées, ayant encore leur enveloppe blandie et n'ayant pas été roulées long-tems. On y voit beaucoup de portions d'un calcaire à pâte très-fine , tel qu'est celui d'Essone : il y en a. de toutes grosseurs ; la plupart ont pris, par suite de Pusement qu'elles ont éprouvé, la forme lenticulaire. Des rocailles de quartz molaire et de grès descendues des hauteurs du voisinage de Paris. Des frag,mens de divers granites : ce qui digue que la grande fracture des Alpes a poussé son bouleversement souterrain jusque sous la

contrée qui fournit ses premières eaux à la Les pluies reprennent sur le continent ce que la mer y a laissé : on reconnaît dans nos

gravières les galets qu'elle a arrondis '; c'était des fragmens siliceux arrondis en forme de larmes, détachés d'une côte crayeuse ; ils sont noirs, très -unis , usés par,: la mobilité perpé-

tuelle du rivage ; ils n'offrent plus que le noyau des masses. Il y en a sous les premiers bancs de pierres de taille ; il y en a dans la nappe de sable qui recouvre le pays ; c'est de là que les pluies les détachent et les entraînent dans les ravins.

On trouve des formes de diverses espèces d'oursins dans lesquelles le suc siliceux de la craie s'est moulé ; de petits litophytes ; des

visses 'narines détachées de quelques côtes sa-

blonneuses et roulées par les pluies dans la 7

Ainsi au-dessous de St.Germain, de Grigou,

BT CAILLOUX Ronds DE LA SEINE.

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des coteaux de l'Oise et de l'Aisne , on voit des coquillages marins détachés du lit où ils reposaient , et roulés dans les petites ravines

pluviales.

Les eaux de la Marne ont dispersé une espèce particulière de corps roulés, des ossernens qu'apportait dans la mer qui nous couvrait,

fleuve qui venait d'un continent voisin à l'orient , lequel jouissait de la température de la

zone torride. La masse, en se partageant à Anet, dissolvait également le massif gypseux par la plaine de Chelle , et par celle de Damartm. Dans ce massif tout est dissoluble , les couches limonneuses comme les couches cristallisées ; les os seuls ne le sont pas : ceux qui s'y sont trouvés ont donc été emportés et roulés sous le 'cours de l'eau. Ils avaient été apportés intacts et sans collision, nageant sur une grande eau, et s'étaient déposés au milieu des limons doux et crayeux du fleuve : nous les retrOUVons deinême en-

châssés dans les cristallisations qui s'y sont formées ; et ils s'y conserveraient sans fin. Mais nos eaux en les déplaçant de cet ancien site, les rodent et les brisent : ces eaux aussi sont bourbeuses , et les attérissemens bourbeux sont corrosifs les petits sont bientôt détruits ; les gros peuvent résister davantage par leur masse ; mais ils sont nécessairement altérés aussi dans cette transposition

nouvelle. Ainsi un grand ossement que Lamanon attriD3