Annales des Mines (1836, série 3, volume 10) [Image 138]

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INFLUENCE DU CUIVRE ET DU SOUFRE

de notre pays quo des forges de la Styrie; je déterminai le cuivre contenu en faisant passer un courant d'hydrogène sulfuré dans une dissolution opérée dans l'eau régale ; et après avoir filtré, le précipité brun qui se forma m'indiqua la_ présence du métal que je cherchais, et me donna le moyen de 1 e doser.

C'est par ce procédé que je trouvai dans de l'acier employé à faire des coins pour la monnaie, et par conséquent choisi parmi les meilleurs, 0,27

p.==. de cuivre; cela me surprit extraordinairement. De l'acier provenant des minerais d'Eisenerz , en Styrie , qui montrent quelques taches de

SUR LA QUALITÉ DE L'ACIER.

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en raison de leur grande tenacité sont employés à faire des cercles de tonneaux, contenaient 0,29 et même o,4o p.=' de cuivre. L'ensemble de ces résultats semble conduire à cette conséquence que les premières apparences extérieures , annonçant que le fer ou l'acier sont un peu cassants à chaud ( et cela s'aperçoit en étirant des barres minces, et par de petites altérations sur les faces étroites de celles-ci), ne se mani-

festent que quand ces fers ou aciers contiennent du cuivre. M. le professeur Grothe , à qui je communiquai

cuivre carbonaté vert, contenaient o,36 p. =. de ce métal ; une autre espèce de qualité supérieure en renfermait o,4o 0,004 ) J'étais curieux de savoir si l'acier de Styrie fa-

les résultats de mes recherches , trouva dans une sorte d'acier du commerce jusqu'à 0,62 p.'=0 de cuivre ; mais celui de Vordernberg n'en contenait pas la moindre trace (1).

briqué avec les floss de Vordernberg , et qui est regardé comme le meilleur pour faire les faux, contenait aussi du cuivre : mais l'hydrogène sulfuré ne produisit pas le moindre précipité dans la dissolution qui en fut faite. Nous avons dit que lorsqu'il se formait de petites fissures sur les faces

(1) Ces résultats, très-remarquables sous tous les rapports, sont opposés à ce qui a été avancé dans ces derniers temps , quel alliage d'un peu de cuivre avec 'l'acier pouvait améliorer la qualité de celui-ci. Toutefois, M. Karsten n'est pas de cet avis, ainsi qu'on peut le voir dans son

étroites des bandes minces que l'on fabriquait avec

cet acier pour en faire des faux, ces surfaces demeuraient toujours unies et même pour la plupart d'un blanc d'argent : comme j'avais observé les mêmes apparences favorables dans le fer en barres de Dillenburg et des forges de l'Eiffel , je voulus

voir s'ils contenaient du cuivre ; dans ce dernier je n'en trouvai que 0,07 p. , et dans ceux de DUlenburg , provenant de minerai oxidé rouge, seulement o,o3 ; une autre barre du même fer ne m'en offrit qu'une trace. Au contraire, les fers de Siegen, qui cependant

Manuel, tom. I, § 265. On sait d Meurs que les ou-

vriers qui affinent la fonte pour en obtenir de l'acier, ne se servent jamais de tuyères en cuivre ( qui sont en usage pour fabriquer le fer ) , dans la crainte de voir la qualité

de l'acier altérée par la chute de quelque fragment de cuivre dans le foyer. Quant à l'influence du cuivre sur la qualité du fer, les ouvriers affineurs la regardent généralement comme nuisible. M. Karsten dit ( tom. Ier,, g 193) « La plupart des

» hommes qui pratiquent l'art des forges croient ferme» ment que le cuivre rend le fer rouverin, et qu'un petit » morceau de ce métal, détaché de la tuyère par la negli» gence des affineurs, peut détériorer une loupe entière. » Le même métallurgiste a fait des essais en ajoutant p. de cuivre à de la fonte pendant son affinage ; il rapporte que plusieurs des barres fabriquées ont soutenu les