Annales des Mines (1834, série 3, volume 6) [Image 264]

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NÉCROLOGIE. 524 bois bitumino-pyriteux des argiles, alors regardés

comme des indices de mines de houille dans les environs de Paris. Nommé inspecteur des mines en 1784 , il fit aussitôt une première reconnaissances générale des mines de Bretagne et des Pyrénées. C'est dans

ce voyage qu'il découvrit, dans les mines de Huelgoat, le plomb phosphaté vert jusqu'alors inconnu, et cette belle zéolite efflorescente, que le célèbre Haüy désigna sous le nom de Laumonite , lorsque les analyses de Vauquelin eurent démontré que cette substance était une espèce minérale particulière. L'année suivante, en parcourant la chaine des Pyrénées avec son collègue, M. Le Lièvre, ils découvrirent ensemble le Dipyre de Basten , les fos-

siles des tours de Marboré et de la Brèche-Rolland, fossiles qui depuis ont servi à déterminer les diverses révolutions que ces hautes montagnes out éprouvées. En 1787, M. Gillet de Laumont fut chargé par le ministère de visiter les différentes recherches de

houille entreprises dans les environs de Paris. C'est dans cette reconnaissance qu'il détermina le

gisement, l'étendue et la véritable nature des lignites pyriteux de Verberie , de Soissons, d'Urcel,

ae Dormans, etc. En 1789 , il présenta au gouvernement un mémoire sur les mines de France, alors en exploitation, et sur la nécessité de concéder celles qu'il avait reconnues, dont il remit un état général et

détaillé au comité des domaines et de l'agriculture. Il avait formé dans ses voyages une riche collec-

tion de minéraux; en 1792 il y réunit le magni-

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figue cabinet de minéralogie et de cristallographie de Romé Ses nombreux travaux, son activité, ses con-

naissances variées, son amour pour les sciences et les arts le firent charger,. en août 1793, de l'inventaire des objets d'art et de science provenant des dépôts et des collections des académies, des sociétés savantes et des congrégations ouiTétablis-

semens supprimés, mission délicate et de con-

fiance, dont Gillet de Laumont s'acquitta avec un désintéressement et une probité qui furent si bien appréciés, qu'en février 1794 il fut nommé niemlire de la - commission temporaire chargée de recueillir partout les objets d'art et de science disséminés par la vente des biens des proscrits. Cette mission importante, et les recherches aux-

quelles il se livra, le firent connaître des chefs du terrible gouvernement de 1794; mais franc, loyal, bon, courageux et ami jusqu'au dévouement le plus absolu, jusqu'à la plus entière abnégation de lui-même , il ne craignit point d'aborder ces audacieux tribuns; il osa leur demander plus

d'une tête qu'ils avaient proscrite; et, par ses instances énergiques et réitérées, il parvint à les

arracher à une mort trop certaine. C'est à cette honorable et courageuse conduite, c'est au zèle, à l'activité, au désintéressement

qu'il montra dans les missions dont il fut alors chargé, qu'il. dut, en juillet 1794, d'être nommé membre de l'agence des mines et usines, avec MM. Lefebvre d'Hellencourt et Le Lièvre; il or-

ganisa avec eux et Fou croy la nouvelle École des mines, où ces savans s'empressèrent d'appeler les plus illustres professeurs du temps, Haüy, Dol°, Tome VI, 1834.' 35